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sentiments instables • pv yugi
Keiko Hatsume
Lun 9 Avr - 18:13
Keiko Hatsume
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Keiko savait qu'elle aurait dû se méfier. Ne pas s'inquiéter de voir sa camarade de classe, au bord des larmes, entourée de ses amies. Oh non, elle n'aurait pas dû s'approcher et se faire mettre le grappin dessus. Et là voilà, cernée par ce petit troupeau de filles. Chez elle, au Japon, on aurait forcément fait le parallèle avec les classiques scènes de manga où l'héroïne se fait coincer par des filles jalouses.

« Keiko, s'il te plaît, t'es son seul espoir ! »
« Ses espoirs volent pas bien haut donc. »
« Allez ! Tout le monde sait que vous vous connaissez depuis le collège ! »
« Et donc ? »
« Tu peux bien lui donner cette lettre pour elle non ? »
« Si elle a pas le courage d'assumer ses propres sentiments, j'y peux rien moi. C'est pas le genre de choses qui va le convaincre d'accepter de sortir avec elle. »
« Ah ! »

Merde.

« Tu vois, tu le connais bien ! »
« Aaaah… n'importe qui réagirait co- »
« Keiko, s'il te plaît ! »

La brune toise ses assaillantes et finit par pousser un profond soupir, repoussant l'une d'entre elles pour prendre la lettre retenue précieusement entre les mains d'une autre.

« Je nie toute responsabilité sur ce qu'il va se passer après. » Elle se fraye un passage pour s'extirper du groupe puis s'arrête finalement, lançant un regard vers l'amoureuse. « C'est un peu dépassé ce genre de confession, non ? »

Et l'Olympic s'éloigne, sans écouter les commentaires derrière elle.

Elle avance dans les couloirs, ponctuant sa marche de quelques claquements de langue. Pour être honnête, elle aurait pu transmettre les sentiments de cette fille à n'importe quel garçon, vraiment. Tous sauf lui. Le simple fait d'aller elle-même à sa rencontre est déjà une grande défaite pour elle. L'éviter était pourtant ce qu'elle s'était juré de faire en voyant son visage se pointer dans le gymnase, il y a quelques années déjà.

Sur le chemin, elle ne peut s'empêcher de se remémorer cette étrange sensation lors de leurs retrouvailles ; une sorte de joie rapidement remplacée par un profond sentiment d'inconfort. Parce qu'il a eu le temps de changer en quelques années. Autant qu'elle, si ce n'est plus. Sauf qu'elle n'est pas assez curieuse pour lui demander. Et il n'est pas le genre à s'ouvrir parce qu'on lui demande.

Tout ce qu'il lui inspire, c'est la méfiance, le dégoût aussi.

Keiko arrive donc, après avoir arpenté les couloirs en long en large et en travers, dans la cour où elle aperçoit sa foutue tignasse blanche. Il est étonnamment seul ; c'est assez rare. Malgré son sale foutu caractère, il est plutôt populaire. Enfin, selon elle. Mais elle n'en sait rien dans le fond ; ça ne l'intéresse pas.
Elle traverse donc la distance qui les sépare, arrivant dans son dos. La volleyeuse tend la main, hésite une fraction de seconde puis, finalement, lui donne un inoffensif coup de poing dans l'épaule. Et, lorsqu'il se retourne, ses azurs rencontrent ses améthystes. Elle grogne et lui écrase l'enveloppe contre le torse.

« C'est pour toi. Tâche d'y répondre rapidement. J'ai pas envie de servir de pigeon voyageur à tes histoires d'amour à chaque fois. »

Bonjour, tu vas bien ? Non. Pas entre eux. Jamais. Pas pour elle en tout cas.
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Yugi Wakaïdo "H."
Jeu 12 Avr - 16:22
Yugi Wakaïdo
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Pour une fois, j’étais seul. C’était relativement rare, oui, mais ça arrivait tout de même plus souvent qu’il est possible de le croire. Car je suis moi aussi un être humain qui a parfois le besoin et l’envie de se ressourcer avec un peu de solide et de calme, sans personne autour pour me distraire ou pour me casser les pieds – quand ce n’était pas les deux à la fois, cela va sans dire, ahah. Ça me permettait d’essayer de réfléchir au maximum à quoi faire l’année prochaine, quand je serais rentré au Japon et entamé ma formation auprès de mon connard d’oncle pour reprendre son entreprise. Comme si je ne savais pas déjà tout. Je roulerais bien des yeux si ce n’était pas si futile.

En réalité je crois que j’ai surtout hâte de revoir ma mère, oui. C’est surtout ça qui me motive. T’inquiètes pas maman, je te sortirais de là. Je détruirais toutes les preuves que ce connard peut avoir contre toi et je terminerais en beauté en le mettant devant le fait accompli de sa défaite. On ne joue pas avec moi sans en payer le prix. Et je coûte cher, très cher. Surtout lorsqu’on me contrarie. En plus de ça je suis patient, pareil au serpent. Chez moi la vengeance est un plat qui se mange en iceberg. Un sourire étire mes lèvres alors que j’enfonçais mes mains dans les poches de mon pantalon.

Je sentis alors une résistance singulière et dû retirer ma paume, bien enserrée autour de l’objet mystère. Qui ne l’était ps tant que ça puisqu’en effet, c’était un briquet. Etrange, je fume pas. Enfin, pas de façon suffisamment régulière pour avoir utilité d’un truc pareil. Mais bon, je ne me pose pas trop de questions, tant pis. J’ai dû le piquer sans le faire exprès, c’est aussi une possibilité. Qu’importe.

J’allais repartir dans mes pensées quand on vint me déranger dans ma méditation. Ah tiens, Keiko. Comme c’est étonnant. Une telle douceur, je ne me demandais bien d’où ça pouvait venir. Toute ironie sortie, bien sûr. Et en plus elle me colle une lettre dans les bras. Oh, elle m’a pris pour qui ? J’observe rapidement l’enveloppe. Erk. Ça pue le parfum de meuf riche, c’est fermé avec un petit sceau en forme de cœur ridicule et… Bref, je veux pas lire les conneries que peut contenir ce truc.

Je coule un regard en biais à Keiko. Ah, d’accord. « Tu veux une réponse ? Ok. » Finalement, mon ami le briquet s’avère utile. Je tourne la molette et enflamme la lettre, sans même l’avoir ouverte. Il ne faut pas bien longtemps pour que je lâche ma prise dessus et que le petit projectile incendiaire aille s’écraser au sol, pour terminer de se consumer. Je regarde de nouveau la métisse. Je suis fier de moi, ouai. « Voilà, tu l’as, ma réponse. » Si seulement t’arrêtais d’être aveugle aussi.

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Keiko Hatsume
Ven 13 Avr - 16:27
Keiko Hatsume
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Lorsque son regard croise le sien, Keiko ressent cette sensation habituelle ; ce froid, ce danger. Cette électricité. Il prend la lettre, la regarde à peine ; elle peut deviner sa grimace avant même qu'il ne la fasse. Elle savait qu'il réagirait de cette manière. Et, comme elle le pensait, Yugi ne prend même pas la peine de lire le contenu de la lettre.

« Tu veux une réponse ? Ok. »

Keiko pousse un soupir, tend la main, prête à récupérer la lettre sous forme de chiffon. Ou déchirée. Mais non. Il sort un briquet de sa poche et met le feu à l'enveloppe qu'il finit par lâcher. L'Olympic regarde le feu grignoter peu à peu le papier.

« Voilà, tu l’as, ma réponse. »

Elle relève la tête, les sourcils froncés. Certes, elle ne cautionne pas ce genre de déclarations. Mais il y a des manières de faire, clairement. Même pour elle, la Brutus en chef. Elle lève les yeux au ciel, secoue la tête avant de lâcher un soupire.

« Ouah. Quelle maturité. Je sais pas qui est le pire. Elle et sa lettre parfumée dégoulinante d'amour. Ou toi, le puéril enfant incapable de donner une réponse honnête et normale. »

Elle fouille dans sa poche pour en sortir un mouchoir propre. Keiko se penche alors, ramasse les maigres restes qui n'ont pas été entièrement carbonisés, et emballe le tout. Elle se redresse, adresse un regard à son éternel… ami ? Ennemi ? Elle n'a même pas de mot approprié à lui coller sur le front.

« Enfin, rien de bien surprenant venant de toi. » Elle désigne le mouchoir dans sa main. « Je lui dis donc que tu n'es pas intéressé et qu'il vaut mieux pour elle de tomber amoureuse d'un âne, ce sera une relation toujours plus épanouissante qu'avec toi ? Ou tu préfères que je lui dise que son amour t'a consumé comme cette lettre et qu'elle peut venir te sauter au cou quand l'envie lui en prendra ? »

Elle ne sait pas ce qu'elle fait encore là. Elle le déteste, et c'est pourtant plus fort qu'elle. De systématiquement lui envoyer des pics. Pourtant elle sait que c'est jeter de l'huile sur le feu. Elle ne l'a jamais vu énervé. Peut-être que c'est ce qu'elle cherche ? Bah. Peu importe.

Elle tourne les talons.

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Yugi Wakaïdo "H."
Sam 14 Avr - 12:40
Yugi Wakaïdo
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« Depuis quand t’en as quelque chose à foutre, des sentiments des autres, ore no tsubame ? »

Mon hirondelle. Ça m’avait presque manqué de l’appeler comme ça. Je sais qu’elle déteste. C’est pour ça que je continue. Je ne suis pas fou non plus, un truc aussi drôle, je ne vais définitivement pas le lâcher aussi facilement. Je peux pas m’empêcher de sourire en la voyant ramasser cette lettre.

« Tu prends soin de ce que tu casse maintenant, c’est étonnant. »

Parce que oui, elle est tout aussi coupable que moi dans l’affaire. Faut pas me faire croire qu’elle ne savait pas ce qui allait se passer. Si elle voulait vraiment le bien de cette greluche, elle avait qu’à faire croire que je n’en avais pas voulu de la lettre. Point. Mais non, elle est venue et elle joue les saintes maintenant alors qu’elle est loin de l’être.

J’ai même pas vraiment écouté ce qu’elle me disait. Sans doute une tirade fade sur sa manière de voir les choses. Qu’est-ce qu’on s’en fout ?

« Un pigeon voyageur n’est pas supposé avoir d’avis sur le message qu’il transporte ou sur ce qui arrive au dit message. Contente-toi de faire les choses proprement et correctement cette fois. »

J’aimerais bien qu’elle capte que je parle d’elle et de sa conduite plus que douteuse vis-à-vis de moi. Je ne prétends pas être quelqu’un de bien. C’est même tout le contraire. Je sais que je suis un poil un enfoiré sur les bords. Mais au moins je le revendique. Qu’on vienne pas me briser les noix avec ça plus tard.
Je me relève, historie de la dominer de mon avantage de taille.

« C’est ça, repars donc. Tu sais faire que ça de toute manière. »

Cette envie d’allumer des incendies de sentiments me consume de plus en plus, ahah.

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Keiko Hatsume
Sam 14 Avr - 17:04
Keiko Hatsume
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« Depuis quand t’en as quelque chose à foutre, des sentiments des autres, ore no tsubame ? »

Ore no tusbame.
Keiko claque sa langue contre son palais, lançant un regard noir au Lord. Elle a ce surnom en horreur. D'abord parce qu'il vient de Yugi. Ensuite parce qu'elle n'a rien d'une hirondelle. Et, enfin, parce que ça la ramène à une époque révolue. Celle où elle aurait pu être bêtement et simplement heureuse, au Japon.

Alors oui, ici, elle a rencontré des tas de personnes à qui elle s'est attachée -autant qu'elle puisse le faire tout du moins- comme Guillem par exemple.
Mais être loin de sa famille, de son petit frère, ça la dévore de jour en jour, d'année en année. Et son père ne veut pas qu'elle gaspille de l'argent pour aller les voir pendant les vacances. Un mal pour un bien, a-t-il dit. Alors elle se contente de coups de téléphone, de visio conférence moisies, et de quelques lettres avec Kanade.

« Tu prends soin de ce que tu casses maintenant, c’est étonnant. »

Elle lui lance un nouveau regard, lève les yeux au ciel. Qu'est-ce qu'elle pourrait bien lui répondre ? Tant de choses. Et elle n'a décidément pas que ça à faire, de rester là, avec lui. Le temps alloué à ce genre de moment désagréable est largement dépassé.

« Un pigeon voyageur n’est pas supposé avoir d’avis sur le message qu’il transporte ou sur ce qui arrive au dit message. Contente-toi de faire les choses proprement et correctement cette fois. »
« Trêve de mots d'amour à mon égard, tu veux ? Je vais finir par rougir. »

Elle le déteste tellement. L'envie de lui balancer sa main dans la tronche la démange. Keiko n'a pas demandé à jouer au pigeon voyageur, comme il le dit si bien. Mais ça ne peut que renforcer son désir de ne pas l'être de nouveau. La prochaine assez idiote pour tomber sous le charme d'un connard pareil, elle se démerdera.

« C’est ça, repars donc. Tu sais faire que ça de toute manière. »

Elle s'arrête net. Il insinue qu'elle fuit, pas vrai ? Aha. Pauvre petit ignare. Ou grand con, vu la taille de l'énergumène et le QI.
Keiko se retourne donc, affichant un sourire. Sans l'ombre d'une hésitation, elle revient vers lui, se plantant en face de lui. Oh, il a beau être plus grand. Il a beau la forcer à relever la tête, elle s'en moque, elle. L'Olympic tend la main, effleure le visage du Lord du bout des doigts.

Avant d'écraser le mouchoir de cendres dans son visage, sans la moindre douceur. Elle recule d'un pas ou deux pour admirer son œuvre alors que le mouchoir quitte le visage du métisse.

« Oups pardon. Tu voulais un câlin peut-être, Calimero ? Ah non, j'oubliais. Les pigeons n'ont pas d'avis. » Elle croise les bras sous sa poitrine. « J'espère que tu ne vois pas d'inconvénients à ce que je revois ta gamme de couleur. C'est vrai après tout. On dit que le blanc est un gage de pureté. Toi… Aha. Le noir va mieux aux personnes aussi mauvaises que toi. »

Un sourire acerbe, tranchant.

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Yugi Wakaïdo "H."
Sam 14 Avr - 19:27
Yugi Wakaïdo
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« Ravi de voir qu’on s’accorde au moins sur un point, ore. No. Tsu-ba-me. »

Je m’amuse et je recommence. Encore et encore. Car je sais que je ne serais jamais lassé. Pas avant d’avoir obtenu satisfaction en tout cas. Mais qu’est-ce que je veux, au fond ? J’en sais trop rien. Je voudrais qu’elle réalise le mal qu’elle m’a fait. Même si elle s’en fout. C’est peut-être pour ça que je m’accroche autant. Après tout dans un an je serais parti, de retour au Japon. Je ne la reverrais plus jamais. Tant mieux pour elle. Tant mieux pour moi. Vraiment ?

J’aime pas ça. Alors bon, j’ai reculé face à son geste et, je m’essuie le visage, en effet. Ca me déplait, bien sûr, qui aimerait se faire traiter de la sorte ? Mais à la fois, ça me satisfait. Parce qu’elle ne part pas ; cette fois. Elle reste là, avec moi. Et ça me fait du bien. Pendant un temps, j’oublie le reste. Et je peux parler librement avec elle. Plus de filtre, plus de barrière. Je lui laisse voir ce qui je suis, contempler son œuvre. Ou presque. On va pas déconner, je ne suis pas devenu comme ça à cause d’elle uniquement. Mais elle n’a pas aidé, c’est certain.

« Le blanc c’est aussi le deuil, dans les pays asiatiques. Mais bon, ça fait tellement longtemps que tu n’as plus mis les pieds en l’un d’eux que t’as dû zappé ce détail. T’as trouvé tellement mieux ici, c’est vrai. Comment est-ce que ton pays natal ou moi on pourrait rivaliser avec ça, pas vrai ? »

Mon regard est joueur, c’est vrai ? Mais surtout amer. Parce que je ne suis pas énervé qu’elle soit partie, je l’aurais même soutenue puisqu’elle devait le faire pour se garantir un avenir dans notre monde de merde. Mais qu’elle ne m’ai même pas prévenu, comme si je ne comptais pas ; ça non. Ou alors qu’elle soit honnête et qu’elle me le dise, que j’ai le fond de sa pensée. Je ne marque pas les gens, je ne l’ai jamais fait. Je ne suis qu’instrument et cette condition me va, je m’y suis fait.

Mais je veux le savoir avant de m’attacher.
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Keiko Hatsume
Sam 14 Avr - 23:50
Keiko Hatsume
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Il n'a pas l'air ravi, Yugi. Et Keiko adore ça. Voir ce parfait petit visage de contrôle se craqueler pour ne lui offrir qu'un regard sombre, plein de haine, de dégoût. Peut-être est-elle la seule à le connaître ainsi. A vraiment le connaître ; un connard hypocrite et égoïste. Keiko sait pertinemment qu'elle est loin d'être un exemple de gentillesse ou d'égoïsme. Elle ne cherche pas à se cacher derrière des faux semblants, elle. Elle parle sans filtre avec tout le monde.

Elle le regarde s'essuyer le visage. Et son regard, à cet instant, pourrait la faire sourire d'amusement. Sauf qu'elle ne s'amuse pas, à rester là, avec lui. Pas à sa connaissance en tout cas.

« Le blanc c’est aussi le deuil, dans les pays asiatiques. Mais bon, ça fait tellement longtemps que tu n’as plus mis les pieds en l’un d’eux que t’as dû zappé ce détail. T’as trouvé tellement mieux ici, c’est vrai. Comment est-ce que ton pays natal ou moi on pourrait rivaliser avec ça, pas vrai ? »

Silence.

Un long silence, durant lequel elle ne cherche même pas à s'en cacher. La surprise peint son visage avant de s'assombrir. Elle baisse la tête, serre les poings. Sa lèvre inférieure tremble. S'il y a bien une chose dont elle a horreur, surtout venant de lui, c'est qu'on se permette de parler de ses sentiments comme si on les connaissait mieux qu'elle. Qu'on prétende savoir ce qu'elle ressent, qu'on se targue d'affirmer des choses ridicules.

Ce genre de choses qu'elle n'est même pas capable de retourner. Jamais elle ne pourrait oser prétendre que Yugi est mieux ici, loin de sa famille. Jamais.
Alors elle avance, le rejoint en un ou deux pas. Elle est là, en face de lui. Avec seulement une maigre barrière les séparant. Quelques malheureux centimètres que n'importe lequel d'entre eux peut briser en bougeant. Keiko relève la tête, captant le regard améthyste du Lord. La douleur dans son regard, n'importe qui peut la lire. Même le plus abruti du coin.

Et son poing s'écrase dans sa mâchoire.
Purement, simplement.
Sans la moindre hésitation.

Le choc les éloigne un peu plus. La douleur est maintenant concentrée sur son poing ; c'est la première fois qu'elle en donne un. Généralement, ce sont ses ballons qui lui servent d'intermédiaire pour frapper les gens. Ou alors le plat de sa main. Rien qui puisse lui faire mal trop longtemps, pour qu'elle puisse continuer à jouer au volley.
Force est de reconnaître que, là, c'est douloureux. Mais putain c'que ça fait du bien. Et ses yeux sont dorénavant rage, colère. Elle s'interdit de pleurer, certainement pas devant lui. Jamais. Plutôt crever.

« Je t'interdis de dire que ma vie ici est mieux que celle que je menais au Japon. Tu ne sais rien. T'as aucune foutue idée de ce que je ressens. Alors arrête de prétendre le contraire et ferme ta gueule. Je juge pas ta vie, moi. »

Parce que malgré les apparences, elle a un minimum de respect pour lui pour ne pas s'en prendre à sa famille en insultant l'un de ses membres, ou en prétendant qu'il est mieux loin de sa famille en étant ici. Elle ne pourrait jamais faire ça, même avec son pire ennemi. Et en l'occurrence, il s'agit de Yugi, à cet instant précis.

« Et c'est pas comme si ton existence représentait quoi que ce soit dans ma vie. Alors, non, clairement, tu ne peux pas rivaliser. Dans aucun domaine. » Elle tourne les talons, s'accorde une grimace de douleur avant de masser mécaniquement sa main, puis reprend. « T'as pas besoin de moi, et j'ai pas besoin de toi. »

Sauf que Keiko oublie souvent que la haine n'est pas l'inverse de l'amour. C'est l'indifférence. Tant qu'elle continuera à se comporter ainsi avec lui, c'est que, au fond, il compte pour elle.
Mais elle ne le comprend pas, ça.

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Yugi Wakaïdo "H."
Dim 15 Avr - 10:46
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Ahah. Je m’en doutais. Que ça allait finir ainsi, je veux dire. Keiko, elle ne sait s’exprimer que comme Ça. Par la violence. Je le sais, je la connais. Peut-être pas mieux qu’elle-même ne se connait, je n’irais pas jusqu’à pousser le vice à ce point-là. Mais tout de même. Ça se voit, ça se ressent. Ça se lit sur son visage. En un sens, c’est une forme d’honnêteté. Qu’elle n’exprime pas, évidemment, mais ça au pire ce n’est pas le plus important. Son corps l’exprime pour elle. Elle encense, par simple présence, d’une aura d’agressivité souvent positive. Notamment durant ses jeux et ses matchs. J’ai déjà eu l’occasion de la regarder jouer. Je sais de quoi je parle. Il y a des détails qui ne m’échappe pas. Et les détails, ça me connait. Je suis un Lord. Je perçois les facettes de ce monde de manière aiguisée. Je suis formé à ça, pour ça. Précisément pourquoi mon oncle tient tant à me récupérer derrière. Je lui serais utile, je sais.

En attendant, ma mâchoire me fait un peu mal, quand même. Rien d’insurmontable, j’ai les os solides. Mais ça ne fait pas du bien non plus. Le masochisme, très peu pour moi. Sauf si c’est moi qui domine. Encore que… Mais là n’est pas la question. Je ne peux pas me permettre de m’égarer, pas maintenant. Pas alors que j’ai enfin ce que je cherche devant les yeux. J’ai un sourire aux lèvres, qui ne me quitte pas. Mais celui-ci est mauvais et n’a rien de charmeur. C’est le rictus de l’amertume, rehaussé de l’essence de contrariété qui obsède mes veines à l’instant. J’accompagne le tout de mon regard d’un froid reptile. Bien bien bien. J’ai eu ce que je voulais. J’imagine que je n’ai pas le droit de me plaindre.

De toute manière je n’ai jamais eu le droit de me plaindre avec elle. Autant terminer le travail. Même si c’est désagréable. Je n’arrive pas à définir ce mal-être avec exactitude et ça m’agace. Je ne veux pas me poser de question pourtant. Pas présentement. Je verrais ça pour plus tard. J’aurais tout le temps de me torturer en solitaire après coup.

Pour l’instant, j’attrape fermement le poignet de Keiko d’une main et enserre sa mâchoire inférieure dans l’autre. Profitant de ma stature, je la surélève un peu, histoire qu’elle se tienne sur la pointe des pieds. Je pourrais lever encore pour la faire décoller mais je n’en ai pas envie. Et puis ça ne me servirait à rien pour la suite prévue.

« Et bah tu vois, Keiko. T’aurais été honnête comme ça dès le départ, on en serait pas là aujourd’hui. Les choses auraient été claires et j’aurai donc su que je n’avais jamais rien été pour toi. Sinon quelque chose dont on peut facilement se passer. »

Puis je la relâche, un peu brusquement sans doute. Assez pour la faire tomber sur le sol poussiéreux. Je la contourne, continue.

« Oh, et, une dernière chose. Je ne savais rien de tes sentiments. Soit. Tu ne sais et ne savais rien des miens non plus. Arrêtes donc de te croire toute puissante alors que tu n’es qu’une égocentrique qui ne s’assume pas. Dis les choses clairement plus souvent, ça t’apportera moins de problèmes. »

Qu’est-ce que je fais ? Je ne sais pas. C’est pas normal que j’agisse comme ça. J’aime pas ça. Je sens quelque chose sous mon pied. Ah, tiens, les vestiges de la lettre brûlée. Je la ramasse finalement, en prenant soin de ne pas me tâcher avec la cendre voletante.

« Maintenant, je m’en vais trouver mon admiratrice. Au moins il y a quelqu’un ici qui admet que je représente quelque chose pour lui. C’est maladroit, mais ça vaut mieux que tout. Je dirais même… Ça vaut mieux que toi. »

Sur cette ultime pique, je vais pour m’en aller et la laisser là. Je n’ai pas vocation à soigner tous les oisillons du quartier.

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Keiko Hatsume
Dim 15 Avr - 17:37
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Il s'approche. Rapidement. Comme un prédateur. Il l'attrape, la soulève avec une force qui ne la surprend qu'à moitié ; il a toujours été fort. Après tout, ce fut avec une facilité déconcertante qu'il l'avait poussé dans l'étang, ce soir là, il y a quelques années. Elle avait manqué de se noyer, et il était venu la repêcher. Elle ignore pourquoi ce souvenir précis refait surface.

Parce qu'après ça, ils s'étaient rapprochés.
Avant que son père l'emmène pour Blenheim. Sans délai, sans même laisser le temps à Keiko de dire au revoir à qui que ce soit, même pas à sa mère et son frère. Alors Yugi encore moins, pour le coup. Mais ça n'a plus d'importance, pas vrai ?

« Et bah tu vois, Keiko. T’aurais été honnête comme ça dès le départ, on en serait pas là aujourd’hui. Les choses auraient été claires et j’aurai donc su que je n’avais jamais rien été pour toi. Sinon quelque chose dont on peut facilement se passer. »

Elle s'apprête à lui cracher son venin en plus visage mais n'en a guère le loisir. Il la lâche, la laissant tomber à terre. Au sens propre du terme. Elle se réceptionne comme elle peut pour éviter de se faire mal au dos. Mais une vive douleur se diffuse dans son poignet. Mauvaise réception. La douleur passera. Elle espère.

« Oh, et, une dernière chose. Je ne savais rien de tes sentiments. Soit. Tu ne sais et ne savais rien des miens non plus. Arrêtes donc de te croire toute puissante alors que tu n’es qu’une égocentrique qui ne s’assume pas. Dis les choses clairement plus souvent, ça t’apportera moins de problèmes. »

Il s'éloigne pour ramasser les restes de son carnage. Keiko, elle, se relève en grognant doucement. Elle hausse un sourcil en le voyant faire.

« Maintenant, je m’en vais trouver mon admiratrice. Au moins il y a quelqu’un ici qui admet que je représente quelque chose pour lui. C’est maladroit, mais ça vaut mieux que tout. Je dirais même… Ça vaut mieux que toi. »

Et elle le regarde partir, sans dire un mot.
Un soupir franchit ses lèvres et elle lève les yeux au ciel.

« Et c'est moi qui suit pas honnête. Tsk. »

Keiko part donc dans la direction opposée. Sa mission est achevée et maintenant, elle a besoin d'une compresse froide. Et comme toute journée de merde qui se respecte, il faut qu'elle croise McClusky. Qui ne manque pas de grogner et de la conduire à l'infirmerie en essayant d'en savoir plus. Parce que se contenter d'un « je suis juste tombée » ne semble pas le convaincre.

Ce n'est qu'une heure plus tard, après avoir été soignée par Grumpy-san en personne et avoir signalé son absence au gymnase qu'elle tombe nez à nez, dans le couloir, avec un spectacle qui lui donne un haut le coeur.

Yugi se tient là, la minette de plus tôt accrochée à son bras comme une sangsue à un morceau de viande. Elle retient une grimace de dégoût tant elle pourrait presque voir les petits coeurs s'échapper d'elle. Quelle horreur. Elle s'apprête à tourner les talons mais l'autre la voit.

« Keiko ! »
« Ewww. »
« Bah… c'est quoi cette réaction ? »

Ses petits yeux tout surpris, alors qu'elle est là, au bras de Yugi, c'est tellement… énervant ? Keiko soupire et se décide d'affronter ce pénible moment. Autant abréger rapidement cet instant pour qu'elle puisse retourner à ses occupations.

« Je voulais te remercier pour… enfin, tu sais. »
« Ouais ouais. »  Elle regarde Yugi, sans aucune émotion. « Ravie de voir l'heureux petit couple que vous formez. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai autre chose à faire. »
« Bien sûr, bien sûr ! Mais… t'as fait quoi à ton poignet ? »
« Blessure de guerre. »

Elle ne comprend pas, lâche un rire. Putain quelle conne. Keiko reprend son chemin. Et une fois le dos tourné, elle ne peut s'empêcher de sentir son coeur se serrer. Sans comprendre pourquoi. Ou plutôt sans vouloir le comprendre. Elle peste et grogne.

« C'est mieux ainsi je suppose. »

Et elle retourne dehors, s'asseoir sous l'arbre qui était à quelques mètres d'eux plus tôt. Cet arbre qui les a vu se balancer haine et venin à la figure.

« Sortir avec une fille pareille… ça me déçoit venant de toi. »

Elle a pris l'habitude de parler seule. C'est comme ça.

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Yugi Wakaïdo "H."
Lun 16 Avr - 20:24
Yugi Wakaïdo
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Après ce coup d’éclat, je suis donc allé retrouver la demoiselle, histoire d’aller au bout de ma démarche. Car me concernant, quand je dis quelque chose, je le fais. Le contraire est plutôt rare, et suffisamment exceptionnel pour ne pas entacher tout le reste. J’ai laissé Keiko dans mon sillage, épave englouti par les eaux froides de mon amertume. Puisque de toute manière je ne suis rien pour elle, pourquoi s’attarder sur son cas, hein ? Laissons le temps faire son œuvre, laissons le temps dévorer son image toute entière. Jusqu’à ce que l’océan qui m’habite cesse de chanter son nom en toute circonstance. Je m’y habituerais. Comme tout le reste. De toute manière le choix ne m’est pas laissé outre mesure.

L’autre nana me saute presque au cou lorsque je passe le masque du réceptif à sa petite lettre à la con que je n’ai même pas lu. Bon, aller, ça m’occupera le temps que ça m’occupera, cette histoire. On verra le reste plus tard, lorsque je m’en serais lassé et qu’elle finira le cœur écorché sur les aspérités de la vie ; de la vérité, même. Je pense avoir une assez bonne réputation pour que quiconque ne soit pas suffisamment débile pour croire qu’un jour je puisse vraiment vouloir d’une relation pareille. Quoi que… Vu celle qui minaude maintenant à mon bras, il faut croire que je n’ai pas suffisamment forcé sur les démonstrations de force à ce niveau-là. Je m’y attèlerais une fois de plus dès que j’en aurais l’occasion. Sous peu, sans aucune hésitation.

Mais je ne m’attendais pas à voir Keiko émerger, justement, et me lancer un regard tout sauf d’approbation. Je ne dis rien, mais mon sourire, large et carnassier, se suffit à lui-même. Pas besoin de plus de précisions inutiles. Je ne suis pas d’humeur à tergiverser pendant des lustres. Mes yeux glissent sur son poignet. Oh donc elle s’est blessée ? En tombant, très certainement. Ses réflexes seraient-ils en train de s’égrener ? Hum. Tant pis pour elle, ce n’est pas moi que ça regarde après tout. Je la laisse repartir après sa belle démonstration de compliment sonnant creux. Comme ce lien qui nous a unis, finalement. Lui aussi était creux. Mais je ne l’ai su que maintenant.

Est-ce que ça fait mal ? Je ne sais pas. Un peu, peut-être. Ce n’est pas une chose sur laquelle j’ai envie de m’attarder. Mais, alors que je m’apprêtais à emmener ma ‘nouvelle conquête’ en un lieu plus privé, celle-ci s’allume une cigarette. Ou, tout du moins, essaie. Car elle n’a pas de briquet. Je plonge ma main dans ma poche pour sortir celui que j’avais tout à l’heure – pour brûler sa lettre, ironiquement – mais mes doigts ne se referment que sur du vide. Rien de plus, rien de mois. Merde. Où est-ce que cette chose a pu passer ?

Et là, je me souviens. Le rebord de la fontaine où je m’étais assis. J’ai surement dû l’oublier là-bas. Parfait, j’ai maintenant une chance unique pour m’évader de cette étreinte que j’ai déjà tout le mal du monde à supporter. Je m’éclipse donc en prétextant devoir faire un aller-retour pour récupérer mon bien. La potiche me dit qu’elle va m’attendre là. Soit, s’il n’y a que cela pour lui faire plaisir. Ça ne me regarde pas.

Je m’en retourne vers mon antre, pas si privée que ça, à bien y regarder. Et là, je capte de nouveau le son de sa voix. Décidemment. J’avais dit que j’abandonnais, comme elle l’avait fait avec moi. Mais c’est plus fort que moi, je ne peux tout simplement pas m’en empêcher.

« Oh, vraiment ? »

Je me rapproche d’elle, cercle de mon regard les lieux pour tenter de retrouver mon briquet dérobé, au passage.
« Eh bien dans ce cas dis-moi, avec quelle nana tu me voyais, exactement ? Et puis, c’est quoi ‘une fille pareille’, pour toi ? Exprime donc le fond de ta pensée. Je suis là, je t’écoute. »

Parles, Keiko. Parles.

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Keiko Hatsume
Jeu 19 Avr - 17:36
Keiko Hatsume
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Elle rumine dans sa barbe. Et elle ne l'entend pas arriver. Aussi, lorsque sa voix lui parvient, elle a un léger sursaut. Keiko se tourne un peu, par pur réflexe ; elle la connaît pourtant, sa foutue voix. Mais elle a eu cet étrange… besoin de s'assurer que c'était lui. Une grimace déforme ses traits. Décidément, elle l'aura vu beaucoup trop de fois aujourd'hui. Le destin est contre elle.

Elle a dû faire quelque chose d'horrible dans une autre vie pour qu'on lui foute toujours cet énergumène dans les pattes.
Il s'approche sans pour autant la regarder ; il semble chercher quelque chose. Elle s'en fout. La japonaise détourne la tête en poussant un soupire agacé. Sa présence la met sur les nerfs. Systématiquement. Elle n'arrive pas à être détendue quand il est là. Elle n'a pas confiance.

« Eh bien dans ce cas dis-moi, avec quelle nana tu me voyais, exactement ? Et puis, c’est quoi ‘une fille pareille’, pour toi ? Exprime donc le fond de ta pensée. Je suis là, je t’écoute. »

Elle hausse un sourcil et relève la tête pour le fixer. La perplexité déformant ses traits, elle finit par esquisser un sourire cynique avant de s'allonger, un bras sur son ventre, l'autre couvrant ses yeux pour cacher les quelques rayons du soleil qui l'aveuglent.

« J'croyais que j'avais pas à te donner mon avis. C'est pas comme si t'allais y prêter une réelle attention et encore moins en tenir compte. »

Après tout, avec le poison dans leurs paroles échangées plus tôt, pourquoi devrait-elle lui faire part de ce qu'elle pense ? Il ne représente rien de plus qu'un nuisible pour elle, pas vrai ? Sa langue claque contre son palais, par réflexe ; témoignage de son agacement. Elle sait qu'elle cherche à s'en convaincre. Que Yugi n'est rien de plus qu'un mec pas fréquentable et odieux. Mais pourquoi elle se prendrait autant la tête avec quelqu'un comme ça si elle n'était pas un brin soucieuse ? Non, pas soucieuse. Ou peut-être que si ?

Un nouveau soupire franchit ses lèvres. Et sa langue se délie.

« J'imagine qu'une fille aussi niaise et sans profondeur serait plutôt le genre de fille que tu aimes ignorer et rejeter. Quitte à t'en trouver une, choisis une fille qui saura t'apaiser et prendre soin de toi. » Elle hausse les épaules. « Parce que t'as pas toujours été un connard insensible. Tu mérites autant que les autres d'avoir quelqu'un qui te correspond. Pas juste une minette qui n'a d'yeux que pour ta belle gueule ou ta popularité. »

Elle marque une pause et finit par se redresser. Elle sent l'herbe dans ses cheveux et s’attelle alors à en retirer les quelques brins.

« Enfin j'en sais rien dans le fond. Ton genre de fille je le connais pas. Personne ne le connaît. » Elle termine et lève les yeux vers lui. « Dans le fond, t'es assez grand pour savoir ce que tu veux, non ? Oublie ce que j'ai dit. »

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Yugi Wakaïdo "H."
Ven 20 Avr - 12:41
Yugi Wakaïdo
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Non en vrai j’la comprends pas, Keiko. Je pensais, jusqu’à il y a un instant, que si, je la connaissais et que je pouvais prédire ses réactions à la précision près. Mais je suis le premier surprit à la voir réagir de la sorte. Moi je m’attendais à un coup de poing dans la figure – comme tout à l’heure, en somme. Mais certainement pas à une tirade si longue que j’ai dû me concentrer pour ne pas perdre le fil de ce qu’elle me disait. J’arque un sourcil.

Étrangement, ça me fait sourire. Pas qu’elle me fasse presque la morale, non, ça j’ai l’habitude. Mais qu’elle ait presque l’air de se soucier de moi. Eh bah alors, ma grande, ils sont où tes beaux principes de ce matin ?
J’expire d’une façon peut-être un peu moqueuse mais pour le coup je suis davantage intrigué que moqueur. Et si, c’est possible, même pour un connard comme moi.

Je trouve le briquet, le ramasse et le remet dans son antre initiale, à savoir ma poche de pantalon. Puis, je viens m’assoir près de Keiko, une main pour me soutenir et l’autre négligemment posée sur mon genou surélevé. Je suis bien, là. Le soleil ne tape pas trop fort et la brise est légère. Et puis, il y a elle. Keiko.

Ça m’a toujours fasciné, en vrai, de voir qu’on pouvait se lancer les pires vacheries de la planète pour ensuite être à même de nous assoir l’un à côté de l’autre comme si de rien – ou presque – ne s’était passé. J’pense pas que beaucoup de personnes soient aptes ou capables de s’imaginer faire ça. Nous, on a pas eu besoin de le fantasmer pour agir de la sorte. Et c’est très bien ainsi.

Ah, tiens, ma mâchoire me fait un peu mal maintenant que j’y prête un peu plus d’attention. Je vais essayer de polariser tout ça autrement. Une œillade furtive à Keiko, qui a un bras recouvrant ses yeux, et une idée me vient alors. Une idée débile, j’en ai bien conscience. Mais je m’en contrefous.

Enfin… Ça c’était avant qu’elle ne se redresse. Merde, j’ai raté le coche. Pas grave, je peux toujours customiser mon plan. Je me penche vers elle, suffisamment pour n’être qu’à quelques centimètres de ses lèvres. Nos soufflent se lient alors que je délivre quand paroles, presque ne chuchotant, dans un japonais fluide.

« Flatté de voir que tu penses autant à quelqu’un qui n’est censé n’être rien pour toi. »

Elle l’a dit, après tout. Je ne fais que reformuler ses mots. Elle ne sait pas ce qu’elle veut. En attendant, je reprends.

« Mais même sans ça. Tu ne t’es jamais posé la question de savoir pourquoi j’étais devenu comme ça ? Non, évidemment. Mais t’en fais pas, t’es pas la première à te foutre de ce qui peut se passer dans ma tête. De ce que je ressens. Je vais t’épargner de te faire mal à la tête à force de réflexions lassantes pour ta personne. »

Je m’éloigne un peu, suffisamment pour laisser mon regard la baigner de sa silhouette toute entière. Elle est belle. Merde, je ne dois pas penser ça.

« Tout simplement parce que les rares personnes que j’aime sont soient trop loin de moi, soit… Elles m’ont abandonné. Ce que je suis devenu, c’est juste une partie d’un réflexe de survie. Rien de plus, rien de moi - et de moins -, dans le fond. »

Elle n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. Mais elle aide pas mal, ouai.

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Keiko Hatsume
Sam 21 Avr - 19:37
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Il s'installe à côté d'elle ; Keiko ne dit rien. Elle ne peut clairement pas l'empêcher de venir là, à côté d'elle. Ça l'agace mais, quelque part, elle sait qu'il va l'écouter. Elle ignore pourquoi, cela dit. Si les rôles avaient été inversés, se serait-elle assise, elle ? Non, sans doute pas. Parce que la situation ne s'inversera jamais. Yugi dit ce qu'il pense tout haut à l'instant présent. Pas après coup. Ou alors c'est qu'il s'en fout royalement. Bref.

Keiko finit par se redresser donc, découvrant Yugi à ses côtés. Elle s'apprête à faire un commentaire quant à sa présence à ses côtés. Mais il s'approche. Beaucoup trop. Leurs visages ne sont qu'à quelques centimètres. Elle déteste ça. Ses yeux ronds comme des billes, elle reste presque immobile de surprise.
Et ça s'emballe. Elle a horreur de ça.

« Flatté de voir que tu penses autant à quelqu’un qui est censé n’être rien pour toi. »

Ses sourcils se froncent, prête à protester. Mais aucun mot ne sort de sa bouche. La proximité du Lord la troublant trop pour le moment. Et pourquoi ça la trouble, au juste ? Elle déteste ça.

« Mais même sans ça. Tu ne t’es jamais posé la question de savoir pourquoi j’étais devenu comme ça ? Non, évidemment. Mais t’en fais pas, t’es pas la première à te foutre de ce qui peut se passer dans ma tête. De ce que je ressens. Je vais t’épargner de te faire mal à la tête à force de réflexions lassantes pour ta personne. »

Il recule, et elle sent l'oxygène s'infiltrer dans ses poumons. Elle n'avait même pas réaliser qu'elle retenait sa respiration. Elle fait mine d'inspirer profondément pour mieux soupirer, mais elle reprend juste son souffle. Keiko capte son regard, sans le comprendre. Il la juge, assurément.

« Tout simplement parce que les rares personnes que j’aime sont soient trop loin de moi, soit… Elles m’ont abandonné. Ce que je suis devenu, c’est juste une partie d’un réflexe de survie. Rien de plus, rien de moi - et de moins -, dans le fond. »

Elle plaque sa main sur son visage pour le pousser, l'éloigner un peu plus d'elle. Sans brutalité cependant. Keiko pousse un nouveau soupir. Mais il n'est pas le reflet de son agacement, ou de son énervement. Plutôt un soupir las.

« T'aurais voulu quoi ? Que j'te saute au cou en te voyant ? Si c'est le cas, je te savais con, mais pas à ce point. » Elle marque une pause, glissant sa main derrière sa nuque. « J'sais pas c'que t'attends de moi. » Elle tourne la tête vers lui. « Tu veux que j'te prenne dans mes bras, que j'te tapote le dos en te disant que j'suis désolée de pas avoir été à ta botte pour prendre soin de toi et panser tes blessures ? Soit. »

Elle attrape son bras, le tirant vers elle pour caler sa tête contre son épaule. Elle entoure ses épaules d'un bras, son autre main venant se loger dans ses cheveux. Étonnamment doux vu leur allure hirsute. Alors elle caresse ses cheveux. C'est un paradoxe, Keiko.

« Je sais à quel point c'est douloureux que les personnes qu'on aime le plus soient à des milliers de kilomètres de nous. T'es pas le seul dans cette situation. » Elle ferme les yeux un instant. « Qu'est-ce qui s'est passé, il y a 5 ans ? »

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Yugi Wakaïdo "H."
Sam 21 Avr - 20:13
Yugi Wakaïdo
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J’étais prêt à tout. Enfin à peu près tout. C’était tout du moins ce que je pensais vis-à-vis de Keiko et cette journée étrange au possible. Franchement, à part un coup de poing dans la gueule, qu’est-ce qui aurait pu nous arriver, hein ? Notre relation aurait juste sombré encore un peu plus dans les tréfonds d’une haine supposément partagée et pleinement assumée – pas vrai ? – et tout aurait repris un nouveau cycle. Encore plus fois. Comme d’habitude. Parce qu’on n’en sortira jamais, de ce putain de cercle vicieux. Pas tant que je serais là, à Blenheim, tout du moins.

J’allais repartir pour retrouver l’autre conne lorsque les mots et les gestes de ma comparse japonais m’ont presque cloué sur place. Je… Merde alors. J’ai tellement été envahi par la surprise que je n’ai pas répliquée au début. Ni bougé. Ni rien du tout. C’était trop bizarre, trop décalé, pour que j’arrive à mettre des mots dessus. Alors j’ai laissé tomber sur le moment. Par contre, un truc que j’ai parfaitement senti, c’était les frissons qui m’ont dévoré presque tout entier. Je les sentais, courir sur mon derme, attaquer mes zones sensibles. Et je ne me l’expliquais pas. Alors, attention, je ne suis pas le genre à vouloir toujours tout expliquer. Non, je n’ai pas l’âme scientifique. Mais je suis tout de même un peu rationnel. Pragmatique. J’avais besoin qu’on me file les sous-titres, là.

J’avais plus été habitué à ce genre de tendresse de sa part depuis… Jamais, en fait. C’est la première fois. Sans doute pour ça que je ne sais pas comment réagir. Ses doigts, qui glisse dans mes cheveux, me procure des sensations nouvelles, encore jamais relâchées jusqu’à présent. Je sens mon cœur qui s’emballe. Ça aussi c’est perturbant. Merde.

Son odeur… Elle m’a manqué. Depuis l’incident du lac je n’avais plus eu l’occasion de la sentir de si près. C’est dingue, mes épaules se relâchent sous l’étreinte. J’inspire en profondeur. J’ai envie de graver cette odeur, ce souvenir, dans chaque fibre de mon corps. Je… J’ai envie d’elle. Je.

« Juste un message… C’était tout ce que j’aurais voulu de toi… Même un mot dans le casier, quelque chose. Juste… Que tu ne me laisses pas comme un jouet dont on se serait lassé. J’ai été stupide, je sais… Mais j’méritais pas ça, Keiko. J’méritais pas ça… Surtout pas venant de toi alors que je pensais que tu pourrais m’aider à me reconstruire… »

J’ai pas vraiment répondu à sa question, mais bon. Et puis, je rêve où il y a eu un vieux sanglot étranglé dans ma voix ? Non, on va dire que j’ai rêvé. Voilà. Mieux pour mon égo, tout ça.

En attendant, je me redresse, un peu. Juste un peu. Je ne romps pas son étreinte. Oh, ça non. Mais je me rapproche de ses lèvres. Elles me donnent l’impression de m’appeler. Je ferme les yeux, presque. Je voulais profiter de ce moment où on était seuls au monde. Presque. Car brusquement, Keiko fut éloignée de moi, par une force extérieure à nous deux, un météore indésirable.

C’est l’autre gonzesse de tout à l’heure qui la plaque au sol, serrant sa gorge entre les doigts trop manucurés.

« Touches pas à mon mec salope ! »

J’ai pas réfléchi. Je crois que j’ai eu une absence parce que quand j’ai remis les pieds sur terre, l’autre conne gisait, tremblante, dans la fontaine. Vu comment elle me regardait, on aurait dit qu’elle avait vu un fantôme ou un truc du genre. Et puis… Putain c’est quoi cette posture ? J’ai…Non. Minute. J’ai quand même pas attrapé le poignet de cette meuf pour l’envoyer méchamment cogner contre la fontaine et la statue en son centre, non. Si ? Pourquoi ?

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Keiko Hatsume
Sam 21 Avr - 21:02
Keiko Hatsume
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Elle le sent se détendre. Et ça la surprend. Mais elle ne dit rien, Keiko. Qu'est-ce qu'elle pourrait dire ? Peut-être qu'il ne veut pas lutter ? Bah, elle lui demanderait. A l'occasion. Pour l'heure, elle entend sa langue se délier.

« Juste un message… C’était tout ce que j’aurais voulu de toi… Même un mot dans le casier, quelque chose. Juste… Que tu ne me laisses pas comme un jouet dont on se serait lassé. J’ai été stupide, je sais… Mais j’méritais pas ça, Keiko. J’méritais pas ça… Surtout pas venant de toi alors que je pensais que tu pourrais m’aider à me reconstruire… »

Elle se fige. Ses yeux sont, une nouvelle fois, ronds comme des billes. Il a vraiment dit ce qu'elle a entendu ? Son coeur se serre douloureusement. Elle serre les dents, ferme les yeux. Keiko comprend. Trop tard, mais elle comprend pour quelle raison il est devenu si hostile. Quand bien même, de son côté, elle n'a pas été non plus exemplaire. La séparation brusque avec sa famille l'a forcée à se renfermer. Complètement.

Elle sait qu'elle se cherche des excuses. Elle inspire, prête à répondre. A se justifier. Même si elle sait que ça n'excusera jamais son comportement. Et puis après ? Leur relation changera-t-elle pour autant ? Elle ne sait pas. Elle ne peut même pas dire ce qu'elle veut. Elle le serre un peu plus contre elle, par mécanisme. Parce que le léger tremblement dans sa voix lui indique qu'il a baissé les armes. Qu'il a mal vécu tout ça.

Mais il finit par se redresser. Sans s'éloigner. Keiko le regarde, clignant des yeux. Et il s'approche. Son coeur loupe un battement. Un frisson la parcourt. Et les lèvres de Yugi se rapprochent des siennes. Elle ne comprend pas. Pourquoi il fait ça ? Pourquoi il continue à s'approcher ? Et pourquoi elle ne bouge pas ? Pire encore, pourquoi est-ce que ses yeux se ferment, à elle aussi ?

Mais cet étrange moment, à la fois grisant et effrayant, est interrompu. Brusquement. Keiko est jetée au sol ; elle s'apprête à insulter Yugi de tous les noms, mais ce n'est pas lui. La petite amie. Bientôt, ses mains viennent entourer la gorge de la japonaise. Elle écarquille les yeux, partagée entre surprise et colère ; c'est quoi cette réaction ?

Incapable de parler, Keiko oriente donc sa défense sur un moyen de la faire lâcher prise. Mais la peste ne lâche pas prise, ses ongles manucurés la griffant. C'est quoi cette foutue école ?!
Soudain, la fille lâche prise ; sa gorge libérée, Keiko est prise d'une quinte de toux. Mais il s'est passé quoi ? L'Olympic a juste le temps de voir Yugi, debout, le poignet de la fille prisonnier de sa main.

« Yugi, non ! »

Mais c'est trop tard, et la fille finit dans la fontaine, heurtant la statue en son centre. Keiko écarquille les yeux, presque horrifiée par… Yugi ? Keiko finit par se reprendre et se lève. Elle passe à côté de Yugi, l'observant avec stupeur. Finalement, Keiko se dirige vers la fille, lui tendant la main. Elle est sous le choc mais, quand elle croise le regard de la volleyeuse, la colère traverse son regard.

« C'est ta faute ! »
« Oh ça va, ferme là deux minutes ! Sors de là pour commencer ! »

Keiko lui attrape la main et l'aide à sortir. Elle n'a pas l'air d'avoir beaucoup de dégâts. En tout cas, elle ne semble saigner nulle part.

« C'est pour ça que tu voulais pas m'aider. T'es amoureuse de lui en vrai ! »
« Bon, je crois que t'as l'air d'aller bien. Dégage. »
« T'as cru que tu pouvais jouer à la petite traînée inaccessible quand ça te chante ? Salope ! »

Elle s'en va d'elle-même après quelques insultes et menaces que Keiko ignore. Ses doigts viennent effleurer sa gorge ; quelle sensation désagréable. Alors c'est ce qu'elle est ? Une traînée ? Et c'est ce qu'elle mérite ? Elle se tourne vers Yugi après une courte hésitation. Il n'a jamais été violent avec une fille. Pas avec les gestes en tout cas. Pas à sa connaissance.

« Yugi. » Elle se plante devant lui. « Qu'est-ce qui t'a pris ? »

Elle le regarde, troublée.
Et elle finit par détourner la tête. Il y a toujours quelque chose qu'il se passe. Il y a 5 ans, c'était l'étang. Et là, on l'étrangle. Elle ne peut donc pas fréquenter Yugi sous peine de mettre sa vie en danger ou quoi ? C'est la vraie vie, pas un manga. Elle ferme les yeux, secoue la tête.

« Il y a 5 ans, mon père est arrivé avec une lettre dans la main. C'était Blenheim. Il ne m'a laissé ni le loisir ni le temps de saluer ma propre famille avant de m'emmener. Alors te dire au revoir à toi, encore moins. Ça fait 5 ans que j'ai pas pu serrer mon petit frère dans mes bras, Yugi. D'embrasser ma mère. » Elle inspire, relève la tête vers lui. « Je cherche pas à me justifier pour le mal que je t'ai visiblement fait. J'ai pas d'excuses, pas vrai ? Mais j'voulais que tu saches au moins ça. » Elle le contourne. « Il arrive toujours quelque chose quand on se retrouve tous les deux. »

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Sam 21 Avr - 21:32
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J’ai pas d’explications à fournir sur ce qui vient de se passer. Juste, j’ai… j’ai réagis à l’instinct.

Comme d’habitude lorsqu’un truc arrive à une personne que je considère un minimum. Plus que comme une silhouette qui disparaitra dans le temps, qui m’oubliera, en tout cas. Comme ma mère, comme le jour où je me suis jeté devant mon oncle, sans réfléchir, en prônant que s’il devait porter la main sur quelqu’un, se serait sur moi, pas sur elle. Parce que moi je pourrais encaisser. Aucun problème. Mais ma mère était fragile, elle n’aurait jamais pu. Et ça m’a rendu malade de voir qu’il profitait de sa culpabilité. Exactement comme Keiko à l’instant.

Enfin, je dis pas qu’elle est fragile, hein. Si j’osais le dire à haute voix c’est elle qui m’arracherait les yeux sans aucun doute. Mais… Je sais pas. De la voir comme ça, à la merci de l’autre garce, j’ai pas réfléchis, je suis passé en pilote automatique, si je peux dire les choses comme ça. C’est bizarre mais au fond je ne regrette rien. J’ai juste du mal à décrypter ce qu’il s’est passé. Pas de magie là-dedans. Keiko aurait très bien pu se défendre, j’en suis persuadé. Mais même.

Bon aller, je vais pas rester bloqué mille ans là-dessus ça ne rimerait à rien. Je suis juste étonné de voir que malgré tout, la métisse semble prompte à venir en aide à l’autre pauvre conne. Je n’interviens pas, ça ne servirait à rien. Je me contente de regarder ma main, ouverte. Cette paume qui a saisi sans que je ne m’en aperçoive le poignet de la garce pour l’envoyer dans la fontaine. Bordel. Mais merde, en me levant ce matin je n’avais pas demandé une chose pareille.

J’inspire, j’expire. Keiko revient vers moi. Je laisse ma main retomber le long de mon corps, sa jumelle partant masser ma nuque. J’en ai besoin, je crois.

Je pensais que Keiko allait m’engueuler, me demander ce qui m’avait pris pour en arriver là Et oui, elle l’a fait. Mais elle ne s’est pas arrêté là. Elle a parlé. Précisément. C’est ce que j’attends d’elle depuis des années, je crois. Qu’elle parle, qu’elle s’explique. Elle ne me met pas devant le fait accompli ou au pied du mur pour avoir des aveux que je n’aurais pas pu lui fournir vraiment. Non. Elle est juste… Rah. Je n’ai pas les mots.

Mais d’un coup, je comprends. Un peu mieux, du moins. J’ai l’impression de redécouvrir toute une facette de Keiko, que je ne connaissais pas. Que je ne soupçonnais pas. Dans un sens, on est presque dans le même bateau. Car, si je peux revoir ma mère, je n’associe pas ces permissions à de la liberté. Hors, de la liberté, j’en ai vraiment besoin. Comme tout le monde. Comme Keiko.

Alors, peut-être que…

« Ouai, t’as raison, il faut toujours qu’il arrive une merde quand on se côtoie, ahah. Pour une fois que j’y suis pour rien. »

Je regarde ailleurs, je suis mal à l’aise. J’aime pas ça.

« Tu veux que je te laisse tranquille ? Définitivement ? »

Ça me ferait pas plaisir, mais bon. J’ai pas non plus envie d’être source de nuisance. Je le suis déjà suffisamment au quotidien pour beaucoup, pour ne pas en rajouter encore.

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Keiko Hatsume
Sam 21 Avr - 22:12
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« Ouais, t’as raison, il faut toujours qu’il arrive une merde quand on se côtoie, ahah. Pour une fois que j’y suis pour rien. »

Elle hoche la tête ; elle aurait pu le vanner. Mais le coeur n'y est pas. Elle se masse le poignet avant de retirer le bandage fait par Grumpy-san. La douleur est partie. Mais elle a terriblement mal. Pourquoi ? Comment ?

« Tu veux que je te laisse tranquille ? Définitivement ? »

Elle relève la tête et lui adresse un regard. Elle ne le quitte pas des yeux. Elle voit que quelque chose semble le tracasser, mais elle ne met pas de mots dessus. Un soupir franchit ses lèvres et elle lui donne un petit coup de poing dans l'épaule.

« Tu peux pas te passer de moi. Alors prétends pas pouvoir en être capable. »

Dans le fond, elle non plus, pas vrai ? Un sourire provocateur étire ses lèvres.

« Je pense que t'auras encore besoin de moi pour te débarrasser de tes… fougueuses admiratrices. »

Elle effleure sa gorge mécaniquement puis passe devant lui. Elle pose sa main sur son torse, sur son coeur. Elle hésite mais finit par le regarder dans les yeux.

« Merci. Pour m'avoir aidé. Encore une fois. » Un sourire douloureux étire ses lèvres, comme si elle prenait conscience du danger que représente leur relation. « Les traînées ont toujours besoin d'un chevalier servant pour exceller en matière de puterie, non ? Tu es promu, réjouis toi. »

Sa main le quitte, et elle s'éloigne.

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Yugi Wakaïdo "H."
Sam 21 Avr - 22:33
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Je crois que je suis tellement habituée à la Keiko qui hurle et qui m’insulte ou me frappe que je suis mal à l’aise maintenant, quand elle ne dit plus rien ou qu’elle ne me surnomme pas comme un monstre Moyenâgeux. M’enfin, je ne vais pas non plus dire que ça me déplait qu’elle arrête de s’exciter sur moi comme on le ferait sur un jeu d’adresse pour taper les cibles le plus fort possible et empocher le maximum de points. Non, c’est juste… Surprenant. Ouai, voilà. C’est ça le terme.

Je ne la regardais pas vraiment. Je crois qu’en fais jamais peur de ce que j’aurais pu trouver dans ses grands yeux bleus. Parce qu’elle me rejetterait forcément. Ouai. C’était ce que je pensais. Exactement.

Et elle m’a encore une fois donné tort. J’en reviens pas. Elle vient bien de me toucher sans pour autant me gifler ? Eh bien. Les astres sont alignés ou quoi ? Non parce que cette journée n’en finit plus d’être étrange. Il va peut-être falloir arrêter là avant que le bon sens qui nous reste – très peu j’en suis certain – foute le camp aussi. Ça me va. On va dire que ça finirait sur une note bien meilleure que le commencement. Au moins je n’ai plus loisir de me morfondre et de penser à ma mère. Non, je reprends un peu du service, comme j’ai l’habitude de le faire.

Et ce, grâce à Keiko.

Je fronce les sourcils aux mots qu’elle emploie pour se désigner. Mais plutôt que de les contrecarrer je vais en jouer un peu. Je sais déjà comment faire. J’attends qu’elle se retourne – même si j’aurais apprécié qu’elle laisse sa main là où elle l’avait posé… - pour faire un pas vers elle. L’un de mes bras enserre sa taille pour la ramener vers moi et l’autre laisse la main qui se surplombe glisser jusqu’à l’arête de la mâchoire de Keiko. Je la maintiens comme ça juste pour qu’elle n’ait pas le réflexe de courber l’échine.

Et là je dépose mes lèvres sur les griffures faites par l’autre garce. Elle me le paiera, elle peut y compter. Mais pas besoin de le dire à haute voix. Pas le moment pour ça.

Il parait que nous autres, japonais, n’excellons pas vraiment en matière de démonstration d’affection. Culturellement parlant, c’est vrai. Mais il faut croire que les années ici ont achevées de me débloquer à ce niveau-là. C’est tout ce qu’il me reste après tout pour dire que je suis encore moi.

Je relâche ensuite ma proie et m’éloigne de quelques pas. Il est temps de nous séparer maintenant.

« Dans ce cas nous serons le duo le plus envié de tout le palais ! Parce que tu sais quoi ? Nous sommes des éditions limitées ! Modèle unique ! Et je viens de le décider ! »

Je ris. Ça fait du bien.

Mais ça ne m’empêche pas de quitter les lieux. J’ai besoin de prendre un bain. Et une revanche.

A la prochaine, Keiko. Tu me manques déjà.

… J’aurais quand même bien aimé voir sa tête lorsqu’elle découvrira le suçon que je lui ai laissé dans le cou, ahah !

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