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Pas de quoi [PV Sae Hee] Terminée

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Lun 22 Jan - 19:18

La vie à Foresthampton était incontestablement différente de celle qu’il avait mené jusqu’ici. Il était étranger à ces paysages domestiqués, à ces rues propres, larges et raffinées, à l’élégance de ces édifices et de la populace qui l'habitait. Il se sentait chez lui quand il passait à côté d'un Mcdo ou d'un KFC.  Mais le plus dur n’avait pas été de se familiariser à l’ambiance de la ville mais bien au climat d’une famille recomposée. Son père et lui n’avaient jamais été très bavards. Les monologues de sa sœur, les voix déchaînées des commentateurs sportifs à la TV et les aboiements des chiens représentaient à quelques choses près, l’entièreté de leur historique sonore. Maintenant, ils devaient s’accoutumer à Agnes et ses deux fils. Tout aussi sympathiques qu’ils pouvaient être, il y avait des journées comme celle-là où une part de lui, ...plutôt grosse, regrettait que son chemin ait croisé celui de son père. Courses de Noël, tu parles… Il avait passé son temps à ramener le cul d’Elijah et Alessia près du caddie.

Appuyé contre une rambarde à l’extérieur du centre commercial, il fumait sa clope comme on mange un biscuit en pleine diet : en prenant tout son temps. Par chance, et dieu sait qu’il n’en a pourtant pas beaucoup, le ciel s’était éclairci. Les nuages gris s’étaient écartés pour laisser place à de frêles rayons de soleil. Les yeux fermés, il profitait de ce moment de grâce pour réchauffer son visage. Court moment puisque quelques minutes plus tard, une vibration dans sa poche avant lui rappela qu’il n’était pas ici tout seul. Il sortit son téléphone, y jeta un coup d’oeil puis se décolla de la barrière. Pendant qu’il tirait sa dernière latte, cette fille apparue, juste droit devant lui.

« Excusez-moi de vous déranger, pourrais-je vous emprunter votre feu s’il vous plait ? »

Il la toisa rapidement. Elle avait l’air d’avoir l’âge, surtout compte tenu de son niveau de langue. Avant d’avoir mis un pied dans cette ville, il était certain qu’on ne parlait comme ça que dans Hercule Poirot. En soufflant la fumée qu’il n’avait pas avalé, il attrapa de sa poche arrière son briquet. Sa cigarette était déjà à ses lèvres, alors par réflexe, il lui alluma lui-même, inconscient de la familiarité de son acte. Elle le remercia d’un sourire timide.

« Dur d’être fumeur quand il fait un temps pareille », rit-t-elle pour cacher sa gêne, espérant un acquiescement pour lancer la conversation qui ... ne vint pas.

Il n’en pensait pas grand-chose, à vrai dire, il avait à peine écouter, cherchant des yeux le bac à mégots tout en rangeant son briquet.

« Je vais certainement vous paraître un peu prompt mais… il ne me semble pas déjà avoir eu la chance de croiser votre chemin à Foresthampton, Il écrasa la fin de sa clope contre la rambarde derrière lui. ...Alors, hum… sourit-elle, si vous ne connaissez pas encore les recoins de la ville, ce serait un plaisir de vous guider. Oh, et,  Alice Foster, enchantée ! J’en oublie la politesse, haha…Je suis de Blenheim, enchaîna-t-elle gênée en tendant la main.

Main qui frôla la sienne pour jeter son mégot dans le bac approprié. Il avait entendu, vaguement écouté le début de son discours, mais il n'avait pas prêté attention. N'était-t-elle pas en train de simplement se montrer polie pour lui avoir allumé sa cigarette ? Pour quelle autre raison une fille comme elle parlerait à un gars comme lui ? L'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit. Il se tourna enfin vers elle. Sa main était descendue. Elle avait l'air un peu perdue, peut-être dans l'attente de quelque chose.

- Ah hum... Pas de quoi. » devina-t-il, atténuant sa voix grave avec ce qu'il espérait être un bref sourire.

Sans attendre de retour, il rejoignit sa famille à l'intérieur.
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Lun 22 Jan - 20:36
Ah hum... Pas de quoi
   
ft. Andreas

   

   « Une sortie entre filles » m'exclamai-je, faussement enthousiaste.

Une sortie entre filles, mon cerveau avait crée l'écho de ma propre voix, la déformant en un dégoût violent. J'ai une tête à faire du shopping … ? Avec plusieurs filles, je veux dire ? Non parce que, vraiment, déjà que leur présence près de moi en cours relevait d'un don de Dieu – en l'occurrence, dans cette affaire, je suis Dieu – alors sortir avec elles comme on sort des chiens excités à l'idée de voir le monde extérieur … ? No thaaaan-

« Mais oui ! Allons-y, ce sera génial ! »

« Oui ! Comme ça tu nous conseilleras sur les vêtements, le maquillage, et on ira manger quelque chose après, par exemple... Une glace ? »

« Oh oui,une glace ! »

Oh oui une glace, répétai-je dans ma tête en exagérant le ton mielleux de la fille qui avait suggéré ce plat calorique telle une gosse devant une vitrine du Disney Store. En plus je dois les conseiller... J'ai une tête de Cristina Cordula ? Si je voulais être conseillère beauté professionnelle je serai au moins allée à une école à Paris, pas à Bleinstein... Blenheim, ouais c'est pareil.

« Bon ben, qu'est-ce qu'on attend » demandai-je, ma voix allant un octave au dessus de la normale.

« Oui, allons-y ! »

Ouais...

***

Donc nous étions sorties, entre « copines ». Elles m'avaient traîné partout, dans le grand centre commercial, les grandes boutiques, trop excitées à l'idée que je les aide à devenir jolies – elles le sont déjà très bien, je comprends pas pourquoi elles ont besoin de mon aide m'enfin bon... Et, comme à mon habitude, j'étais d'une très grande aide.

« Ah c'est très joli » ou « Super » ou « Si tu l'aimes, prends le », bref, que des commentaires intéressants. Chose qu'elles m'ont fait remarquer peu après, quand nous nous baladions en ville.

« T'es pas très bavarde, t'as pas trop commenté nos tenues, tu veux garder tes secrets de mode pour toi » plaisanta l'une d'entre elles (j'en suis sure qu'elle ne plaisantait pas du tout).

« Oh, non ce n'est pas ça » (Quoi que) « c'est juste que je... Euh... Eh bien » eh bien si je te dis ce que je pense là maintenant tu vas te mettre à pleurer parce que je suis monstrueuse en matière de goût et que tu ne voudras plus jamais t'asseoir à côté de moi et tu ne me diras pas s'il y a des sujets sur lesquels on risquerait de tomber pour les évaluations, et ça, ça m'embêterait beaucoup « Je ne sais pas trop comment formuler mes phrases en général, je suis assez pudique mais je t'assure que tes vêtements sont » à chier « super sur toi ! Ils te vont très bien. »

« Oh, c'est gentil Sae ! Tu me l'aurais dit de toute façon si ça ne m'allait pas, pas vrai » me demanda-t-elle, inquiète.

« … Mais bien sûr que oui ! » croisés ne compte pas.

Je me mis à rire nerveusement avant que nous continuions notre route, et là... Le drame.
« Oh ! Regardez ce mec, là, près du restaurant » beugla une des nôtres, ce qui eut le don de faire palpiter une de mes veines. Je crevais la dalle, et je n'avais qu'une seule envie : RENTRER.

« Oh ouais, il est canon ! »

Je regardais là où elles fixaient leurs yeux, comme attirées par du miel et vis un... Roux, qui fumait une clope et qui n'avait certainement pas envie qu'on vienne le faire chier. Et moi non plus. Je n'étais pas trop sûre que ce garçon soit adapté à elle. De toute façon, aucun homme n'est réellement adapté puisqu'ils sont tous cons. Je regardais la fille qui commençait à jazzer et à se voir avec lui, à avoir des enfants avec lui tout en se tortillant comme si elle allait uriner en pleine rue.

« Tu sais, entre nous... Je ne pense pas que ce soit ton genre de garçon... »

« Mais si, au contraire ! J'aime trop les garçons mystérieux qui fument, je vais lui demander du feu pour allumer ma cigarette et je vais lancer la conversation ! »

Ah ben oui, c'est sûr que ce genre de plans ne foire jamais.

« Tu fumes toi » la repris-je, arquant un sourcil.

« Ben, ça m'arrive. »

J'suis sûre qu'elle crapote, enfin... Nous la regardions s'éloigner, déterminée à pécho du mâle – oui, par moment j'avais un argot de cité, c'est à cause des vidéos YouTube que je regarde... Elle ressortit son plus beau langage de renard, et il lui alluma sa cigarette... Avec sa propre cigarette. Ah ouais, comme ça ? Ah très bien... Ben je note, parler comme une bourgeoise ça attire. Toute confuse de cette précarité et de ce manque de distance, elle semblait bien ailleurs et attaqua de suite le plat principal, avec un sujet de conversation bateau sur la complexité du statut de fumeur sous la pluie... T'avais qu'à avoir un parapluie, je comprends pas cette phrase... Le but de la phrase...

Le jeune homme ne répondit pas, et le pire n'était qu'à venir... Lorsqu'il se mit à l'ignorer violemment, comme ennuyé – oui parce que les hommes s'ennuient vite a priori – alors qu'elle peinait à poursuivre la conversation. Il ne répondit pas à sa poignée de main, préférant l'ignorer pour jeter sa clope terminée et, oh, élan de lucidité !

« Ah hum... Pas de quoi ..? » lança-t-il finalement, perdu.

Qu'est-ce que c'est que ce genre d'énergumène. J'étais choquée. Bon c'est vrai qu'elle n'était pas très douée en drague mais... T'es pas obligé d'être un connard comme ça ? J'étais abasourdie. Il rentra à l'intérieur, mon amie étant complètement affligée d'un tel échec, les larmes ruisselant ses joues. Je ne savais même pas quoi lui dire, il n'y avait aucun sens, il s'en foutait royalement, surtout qu'elle n'était pas vilaine elle était même très voire trop belle pour lui, je ne comprends pas...

***

Quelques jours plus tard, je suis allée manger avec une amie – une vraie, cette fois, une qui me connaît bien. J'avais faim, j'aurais pu manger comme un ogre mais étant donné que j'avais du rouge à lèvres mate il fallait que je mange un plat qui ne me le ruine pas. Je feuilletais dans le menu, purée j'aurais bien mangé phô, pourquoi je ne pense jamais à ne pas mettre du rouge à lèvres quand je vais manger dehors ? … De toute façon ils ne faisaient pas phô, ici, après inspection. Le serveur arriva à notre table et de sa voix douce et suave- ah non, pas tant...

« Vous avez choisi » demanda-t-il, sérieusement mais sans charme.

« Ouaip, je vous prendrai un » il n'y eut plus de son dans ma gorge lorsque je levai mes yeux vers le jeune serveur. Oh le con. « En fait j'ai toujours pas choisie, désolée, repassez dans cinq minutes. »

Il partit, s'occupant d'une autre table, et je me mis à le fixer de mes yeux cachés par des lentilles bleues claires. L'enfoiré, il travaille ici. Mon cerveau se mit en marche rapide, en quête d'une idée machiavélique pour lui en faire baver un maximum. On va se régaler.

« J'aime pas ce regard » annonça mon amie, fatiguée d'avance.

« Mais si tu l'aimes bien » ricanai-je, me redressant correctement, remettant mes longues mèches aujourd'hui brunes chocolat devant mes épaules, et rajustant mon col roulé noir.

« Vous avez choisi » nous redemanda-t-il, la même phrase sortant robotiquement comme une caissière qui demande la carte fidélité à ses clients.

« Oui, je vous prendrai une escalope milanaise et des spaghettis, s'il vous plaît. »

« La même chose pour moi » dit mon amie.

« Aucune personnalité » soufflai-je inaudiblement, juste pour qu'il n'y ait qu'elle pour l'entendre. Elle me donna un coup de pied sous la table.

Il nous demanda par la suite les boissons, puis s'en alla en cuisine, ramenant au passage des assiettes vides. Je me mis à rire dans mon coin tandis que mon amie poursuivit la conversation qu'on avait avant que je le vois.
   

   
fait par Blueberry
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Mar 23 Jan - 12:29

Je ne me plaignais de ma situation. Agnes et ses deux fils étaient bruyants mais sympas, la villa, aussi spacieuse et éclairée qu’un palace ...du moins, je supposais, et je disposais même de ma propre chambre dans le grenier, ridiculement plus grande que l’ancienne baraque de mon père. Ce n’était pas une question de confort, pas plus qu’une question d’entente. Tout ça, ces couverts en argent, ces serviettes en je-ne-sais-quel-tissu-hors-de-prix, ces nouvelles responsabilités de grand-frère… Je soupirai en y pensant. J’aspirais à un « chez moi » plus… simple. Mais ironiquement, plus simple signifiait aussi plus compliqué.

« Vous avez choisi ? »

Agnes avait insisté pour m’aider, mon père avait refusé. Pour lui, qui s’était surmené afin de nous offrir le meilleur, être prêt à quitter le confort de mon loft pour un vieux T1 à l’autre bout de la ville était un désir presque insolent. Il ne comprenait pas, et certainement qu’il s’imaginait les pires scénarios. Je n’aurais pas été étonné si durant notre conversation sur le sujet, il m’aurait accusé de vouloir partir pour trafiquer de la drogue ou faire des bagarres de rue loin des regards. A vrai dire, certains termes lui avaient presque échappé mais il avait su tourner sa langue avant, progrès remarquable. Si je voulais partir, ce qui était un caprice à ses yeux… et peut-être en était-ce vraiment un finalement, je devais en payer moi-même le prix. Fair enough. Je n’avais rien espéré d’autre. Seulement son accord.

« Ouaip, je vous prendrai un… » Je fis sortir la mine de mon stylo. « En fait j'ai toujours pas choisie, désolée, repassez dans cinq minutes. »

« Très bien. »

Si je voulais amasser assez d’argent pour être en mesure de louer un appart d’ici la fin de l’hiver, il fallait que je trouve un autre boulot, en plus de celui-ci. J’avais eu l’accord du proprio du restau pour proposer des cours de natation, une idée de ma belle-mère, qui ne m’enchantait pas énormément. Cependant, force est de reconnaître que ça payait bien mieux que de promener des chiens. But for sure, also less delightful.

« Je vous écoute ?
- Une carafe d’eau s’il vous plaît !
- Tout de suite Monsieur. »

Après un tour au comptoir, je ramenai la carafe d’eau à la table 12 puis revint auprès de la 10.

« Vous avez choisi ?, répétai-je machinalement.
- Oui, je vous prendrai une escalope milanaise et des spaghettis, s'il vous plaît.
- La même chose pour moi.
- Très bie-… »

La cliente à gauche sembla geindre un instant. Je relevai les yeux vers elle et constatai qu’elle « s’adressait » à son amie. Langage privé, j’imagine. Les filles ici étaient... spéciales, presque autant qu'elles étaient maquillées.

« Avec ceci, des boissons ? » demandai-je sans y prêter plus attention.

Je pris commande et partis en cuisine, ramassant sur mon passage les assiettes vides. Une fois à l’arrière, j’en profitai pour refaire ma queue de cheval, sentant une mèche quitter le navire. Hygiène avant tout.

Je revins une dizaine de minutes plus tard accompagné des escalopes et spaghettis.

« Mesdames. »

Je déposais les plats quand Amanda, la chef d’équipe, m’interpella.

« Lorenz, tes cours de natation c’est toujours d’actualité ? Je me tournai vers elle, lâchant sans accroc la dernière assiette.
- Oui.
- Une cliente intéressée. Je lui ai dit de te contacter à la fin du service donc pense à rallumer ton téléphone dès 17h.
- D’accord, merci. »

En retenant un soupire, j’esquissai un fin sourire poli. Je me concentrai sur la table de nouveau, hochant la tête en guise d’excuse pour la petite altercation.

« Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas. »
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Mer 24 Jan - 2:59
Ah hum... Pas de quoi
   
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   « C'est plus fort que toi, tu peux pas t'en empêcher » rabroua mon amie, ses bras croisés contre sa poitrine.

J'écarquillai mes yeux, profondément choquée par ses propos et lâcha, stupéfaite :

« Mais quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait encore ? 
- Qu'est-ce que tu vas faire, en l'occurrence... Tu peux pas t'empêcher d'embêter les gens, c'est vraiment un hobby pour toi, me réprimanda-t-elle, comme blasée.
- C'est qu'un con, je t'assure qu'il va mériter ce que je vais lui fai- … Ah, le voilà ! »

Ses yeux roulèrent au ciel, les mains croisées sur la table, me fixant comme si elle allait me mettre une sacrée fessée si je bougeais le moindre petit doigt.

«  Mesdames. »

Alors qu'il s'avançait, je m'apprêtais à créer une scène catastrophique, digne des plus grands gags canadiens, ma jambe tendue devant la sienne, lorsque ce qu'il semblait être sa chef d'équipe l'interpella, faisant tomber mon plan à l'eau. Je ramenai tranquillement ma jambe sous la table et analysai la conversation.

« Lorenz, tes cours de natation c’est toujours d’actualité ?
-  Oui.
- Une cliente intéressée. Je lui ai dit de te contacter à la fin du service donc pense à rallumer ton téléphone dès 17h.
-  D’accord, merci. »

Il a l'air emballé par la situation. J'esquissai un sourire malicieux lorsqu'il se tourna, lui aussi dessinant un sourire poli et professionnel à notre attention avant de nous dire :

«  Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas.
- Ca marche, merci beaucoup, lui dis-je, tout sourire. »

Je fixai son dos s'éloigner de notre table, s'effaçant derrière les portes de la cuisine. Parfait. J'inspectai les lieux, à la recherche de ladite demoiselle qui aurait pu être soudainement « intéressée » par des cours de natation, c'est sûr que c'est exactement le but recherché quand on va dans un restaurant : trouver un professeur de natation, of course. Un petit tour de table et voilà que je vois un groupe de quelques jeunes filles qui ont évidement une bonne tête de sportive tout droit sorti de Blenheim... Par chance, leur table n'était pas très loin de la notre, je dirais même mieux, elles étaient à proximité et à la distance parfaite pour que je puisse établir un plan machiavélique pour récupérer ce fichu numéro, ou tout du moins la dissuader de l'appeler. Est-ce que le numéro était affiché à l'entrée et l'avait-elle pris ? J'avoue n'avoir pas fait attention à ce détail en entrant tout à l'heure mais il ne semblait pas à mon bon souvenir qu'il y ait eu quelque chose comme ça affiché...

Dans le doute, je m'étais levée, déplaçant élégamment ma chaise pour me rendre à pas de loup vers l'entrée pour voir la dite feuille. Je pris un bout qui restait et retournai m'asseoir.

« C'est celle derrière moi, annonça ma complice, continuant de manger son escalope. »

Je relevai mes yeux et la vit se lever en direction des toilettes. Elle ne semblait pas avoir pris d'effets personnels. Son téléphone dépassait de son sac, pendant sur la chaise. Je me relevai à nouveau discrètement et laissai ma main prendre en toute innocence le téléphone de la jeune fille. Mes mains dans les poches, je me rendis aux toilettes et entrai dans une des cabines, sortis le téléphone pour en retirer la carte sim et la jeter dans la cuvette des toilettes. Je remis le téléphone dans ma manche et, en revenant à ma place, je laissai le téléphone glisser dans l'ouverture du sac, ni vu ni connu.

« Mission accomplie, demanda mon amie.
- Tout à fait » m'exclamai-je en prenant une fourchette de pâtes un peu trop garnie.

***

Bon, au final mon rouge à lèvres avait fini par bouger, c'était le karma pour le vol de la carte sim. On était quittes. Il était 17h05, j'en avais conclu qu'en restauration on ne finissait pas forcément à l'heure précise alors, j'avais attendu un peu avant d'appeler.

« Oui, résonna sa voix morne et vide d'envie.
- Bonsoir, Andreas ?
- Oui. »

Effectivement, ça ne pouvait être que lui.

« Ah super, désolée de vous déranger après votre travail mais j'ai vu votre annonce devant le restaurant ce midi, je m'appelle Sae-hee Maeda.
- Ah, oui, on m'a prévenu de votre appel.
-  Je suis au club de sport de Blenheim et je vais avoir une évaluation de natation, je ne pense pas bien maîtriser les plongeons et il faut que je sache les maîtriser. Vous pourriez m'entraîner ?
- Si le samedi matin vers 9h30, devant la piscine municipale vous convient ...?
- Génial, à samedi matin, alors !
- A Samedi. Au revoir. »

Il avait raccroché juste après la fin de sa phrase, pas le temps d'entendre un souffle ou quelque chose d'autre. Seigneur, il semblait tellement vide de vie, ça faisait flipper, j'espérai qu'il ne soit pas un psychopathe recherché par Interpol.
   

   
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