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tell me your truth ((sylvester))
Invité
Sam 13 Jan - 13:57
Anonymous
Theodora avait du grandir avec plusieurs handicaps.
Déjà, un seuil de douleur merdique qui faisait de la moindre égratignure un véritable supplice.
Ensuite, le plus évident, une surdité de naissance qui l'obligeait à porter des appareils (onéreux) pour entendre, le tout en restant de moindre qualité par rapport à quelqu'un dénué de problème auditif.
Enfin, une mère quasi inexistante et un trou abyssal dans le poitrail.
Mais aujourd'hui et comme le plus souvent, c'est le premier de ces handicaps qui se rappela à elle ; douloureusement. Et comme souvent après s'être explosé la main contre une table - oui oui - elle fit profiter de son vocabulaire des plus fleuris son entourage actuellement vide, mais qui, s'il ne l'avait pas été, se serait uniquement composé d'étudiants.
Super la surveillante. Génial. Très pro.
Elle se mordit la langue comme elle le faisait toujours et mit son doigt à la bouche. Cette fois, la douleur était un minimum logique puisqu'elle saignait, bien que ce ne fut pas spécialement grave. Les larmes aux yeux et la vue floue, elle ne fit pas tout de suite attention à ce qu'elle aurait sous les yeux en se retournant ; à savoir, un étudiant dans un état plus problématique que le sien - que celui de son doigt.
Un étudiant qui, malgré tout, sembla plus s'occuper de son cri que de... attendez.
Ce garçons était-il blessé !?
Ecarquillant les yeux, Theodora se frotta rapidement les yeux - elle a même pas honte - avant de s'exclamer quelque chose comme « Qu'est-c'que bordel !? », ce qui n'avait évidemment aucun sens.
Mais elle se comprenait, c'est tout ce qui compte.
Survolant rapidement les environs du regards, elle balaya le couloirs qui ne semblait pas nécessairement être la zone dans laquelle l'individu s'était fait ça ; et d'ailleurs, en parlant d'individu, sa tête lui disait un truc... C'était pas un outra, lui ? Si, hein ? Elle ne se souvenait plus de son nom, mais qu'importe ; elle mémorisait aisément les visages de ceux qu'elle considérait comme ses protégés. « Mais qu'est-ce qui t'es arrivé !? Faut t'emmener à l'infirmerie tout de suite ! » Il ne semblait pas aller bien. Outre son état physique, s'entend. « Tu peux marcher ? Viens je t'emmène à l'infirmerie et plus vite que ça ! Et je veux savoir ce qu'il t'es arrivé, compris ? »
Invité
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Sylvester Y-S Seo
Dim 14 Jan - 17:40
Sylvester Y-S Seo
Outrageous
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Tell me your truth
Mais puisque je vous dis que je vais bien senpai !
Sylvester Y-S Seo
&
Theo
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Sylvester ne savait pas pourquoi, mais aujourd’hui il avait envie de cogner. Il ne se réveillait pas tous les matins avec ce genre d’envie bizarre, mais ce matin ça avait été le cas. Peut-être parce qu’il faisait un temps de chien dehors, peut-être parce que c’était le jour de la semaine, le même où elle était morte, peut-être que... Il y avait un tas de raisons possibles et à vrai dire il n’avait pas vraiment envie de savoir.

Comme on disait, il y avait des jours avec et des jours sans. Et c’était clairement un jour sans pour le fils cadet des Seo. Il réussit à contenir sa mauvaise humeur une bonne partie de la journée, tant bien que mal et sans réussite totale.

Par exemple, il s’énerva contre des élèves de sa classe qui l’empêchaient de se concentrer sur ses fiches de révision à force de parler fort en attendant leur prof. Il s’installa seul au réfectoire au lieu d’aller s’asseoir avec sa famille ou des amis, ne voulant pas contaminer l’ambiance avec sa mauvaise humeur plus que débordante. Déjà qu’un nuage noir semblait envahir les environs de sa table, dissuadant quiconque de s’approcher.

Les exemples de ce type se succédèrent toute la journée, mais au moins il réussit à ne pas déclencher d’incident trop grave jusqu’en fin d’après-midi. Un exploit quand le métisse était autant à cran qu’aujourd’hui. Ce qui prouvait bien qu’il n’aimait pas vraiment être dans cet état.

Enfin, il avait quand même accepté d’être dans les Outrageous. Il assumait quand même sa tendance aux bagarres et à la perturbation de l’ordre public. C’était ce qu’il savait faire de mieux, après tout. Ennuyer les gens.

Le jeune homme était vraiment à cran quand un élève le bouscula et eut le culot de lui demander de s’excuser. Grinçant des dents, Sylvester l’ignora, ce qui était dangereux. La suite des évènements fut trop rapide pour vraiment comprendre ce qui s’était passé. Des insultes d’un côté, des répliques de l’autre, un premier coup, d’autres qui suivirent en réponse...

Sylvester se retrouva allongé sur le sol un peu plus tard. Le gros dur cognait fort et l’arrivée de ses amis n’avait rien arrangé. Bande de lâches. Il n’avait eu aucune chance, mais s’était quand même bien défendu. Ils seraient plusieurs à l’infirmerie ce jour-là, sans doute. Il plaignait d’avance le médecin et les infirmiers car l’ambiance ne serait sans doute pas au beau fixe.

Il fallait espérer que les soignants auraient assez de cran pour empêcher d’autres bagarres d’éclater. Peut-être qu’il valait mieux ne pas y aller malgré son état... L’envie d’en découdre s’était dissipée désormais. Sa rage s’était assez écoulée à travers ses coups et ses cris pour la faire disparaître. Le métisse se redressa du mieux qu’il pouvait, grimaçant et amenant une main sur son visage.

Ils ne l’avaient pas raté et il était peut-être plus amoché qu’en temps normal. Pas moyen d’échapper aux sermons de sa famille cette fois. Même s’il arrivait à échapper à l’infirmerie, quelqu’un se rendrait forcément compte de son état, personnel ou élève qu’importe. Et il y avait alors des chances que cette personne rapporte la chose à Leyna ou Fenrir. Soit pour se plaindre – les sales types pouvaient aussi l’accuser de leur état d’ailleurs - soit par inquiétude, qui sait. Le résultat serait le même.

Peut-être même que sa jumelle et les deux cadets le sauraient eux aussi, les rumeurs traînaient vite ici. La compassion d’Astrid, les moqueries de Matilda – ou l’indifférence peut-être venant de cette dernière - et Mikaela seraient durs à supporter. Tout autant que les réactions des aînés. L’image de Freya qui sembla apparaître devant lui n’arrangea rien.

Un ricanement amer sortit de ses lèvres et il laissa son bras sur ses yeux comme pour ne plus la voir. Le fantôme de sa sœur ne cesserait-il jamais de le hanter ? Les larmes se mirent à couler sans qu’il n’essaie de les retenir. A croire que même s’il tentait de faire oublier son état avec ses sourires et sa joie de vivre habituelle, la souffrance était toujours là.

Le temps s’écoula, la durée étant incertaine. Des secondes, des minutes, des heures. Mais finalement Sylvester se releva et chancela, s’appuyant au mur pour ne pas tomber. Il grimaça devant la tâche de sang et la frotta tant bien que mal avec sa manche pour ne pas laisser de traces. Comme s’il voulait cacher un cadavre. Glauque, ouais.

Il ne sut jamais comment il arriva à atteindre le prochain couloir. Il tenait à peine debout, incapable de savoir où il était blessé. Tout son putain de corps lui faisait un mal de chien. S’il tombait, il avait vaguement conscience qu’il n’arriverait pas à se relever cette fois. Peut-être que c’était assez grave pour l’envoyer de nouveau à l’hôpital... Merde.

Son regard se posa sur une fille qui se trouvait devant lui. Il ne l’avait pas remarquée avant, preuve de son esprit dans le coton. Une surveillante s’il se souvenait bien. Il avait vraiment du mal à penser en cet instant. Oh... Une ancienne outrageous, non... Il n’était pas sûr du tout, mais il lui semblait que c’était peut-être le cas. Par contre, impossible de se rappeler de son nom ni même de savoir s’il le connaissait seulement.

Elle semblait avoir mal elle aussi. Il était doué pour observer. Mais il aurait eu de la peine à dire pourquoi. En tout cas, il ouvrit la bouche pour lui demander si ça allait, ce qui était très ironique vu sa propre situation. Son corps devait faire peur, vraiment. D’ailleurs, la surveillante fondit sur lui dès qu’elle le remarqua et l’espace d’un instant il eut l’idée de s’effondrer sur elle et de se remettre à elle.

Sauf que... Il était vraiment trop fier pour oser montrer une telle faiblesse devant quelqu’un d’autre que sa grande-sœur. Ou son grand-frère. Cela revenait au même, en quelque sorte. Il se contenta de hausser les épaules, grimaçant au passage car ce n’était pas vraiment une bonne idée vu l’état de l’une d’elles.

- C’est rien.

Mensonge. Enorme mensonge. D’ailleurs, son regard presque vide reflétait sa souffrance physique autant que morale. Il s’appuya contre un mur, menaçant de s’effondre comme un château de cartes. Il était beaucoup trop essoufflé pour que ce soit normal et les étoiles devant ses yeux ne devaient pas l’être non plus. Pourtant, il acquiesça à sa question. Oui, il marcherait.

Pas question de se laisser porter par elle et ce n’était pas une question de sexisme. Pas question non plus d’attendre le médecin scolaire, un brancard ou sa famille. Il ne lui restait plus grand-chose, mais sa fierté était toujours présente. Encore et toujours.

- Ouais. Je crois.

Il se laissa entraîner sans chercher à résister. Il n’en avait pas la force, ni physique ni mentale. Il se rembrunit un peu quand elle lui demanda de s’expliquer. Quoi dire ? Il ne savait pas vraiment lui-même ce qui lui avait pris. Ce qui lui prenait. Mais elle était une surveillante et il savait qu’il ne pourrait pas se taire éternellement. Il ne voulait pas d’ennuis et ne voulait pas en causer à ceux qui étaient responsables de lui.

- Si vous le voulez...

Son ton était un peu ironique et ce n’était pas dans ses habitudes. Ah, il n’était pas non plus gêné alors qu’elle était une fille. A croire qu’il était trop mal pour ça. Waouh, qu’est-ce qu’il allait prendre cher si ses frères et sœurs l’apprenaient un jour. Son corps s’appuya presque de lui-même sur la surveillante à un moment. Il n’avait pas vraiment le choix, s’il voulait arriver à l’infirmerie debout.
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