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Galilée
Mar 2 Jan - 19:45
Ne pas être vue.
C’est pour ça qu’elle court, qu’elle est déjà essoufflée ; qu’elle ferme la porte un peu trop brutalement.

Sa respiration est saccadée. Scarlett serre ses affaires contre son buste, tête baissée, yeux fermés. Elle essaie tant bien que mal de se calmer.
Quand ses bras acceptent enfin de bouger, la jeune femme se décide enfin à consulter l’heure sur sa montre. Cinq minutes, c’est tout ce qu’elle a. Alors elle ne perd pas de temps : elle se dirige précipitamment vers un banc pour y déposer ses affaires, retire sa veste et son nœud papillon, puis porte les doigts au premier bouton de sa chemise.
Et se fige.

C’est l’étape la plus difficile. Quand Scarlett sait que sa peau, en-dehors de celle de son visage et de ses mains, va être exposée, elle hésite toujours. Même quand personne n’est là, même alors qu’elle se sait en sécurité. Parce que la conscience est là mais que le sentiment manque, que seule la peur répond présente. Elle craint un passé révolu ; des mots, des regards, des gestes qui pourtant ne sont plus. Des ombres qui la hantent, la forçant à sortir de classe en quatrième vitesse lorsque suit le cours de sport. Ainsi, elle peut se changer seule.
Ne pas être vue.  

La Galilée se mord la lèvre inférieure et réunit son courage. La chemise finit par atterrir près de son sac, rapidement suivie par sa jupe et ses épais collants opaques - indispensables à son bien-être - après qu’elle ait retiré ses chaussures.
Elle y était presque. Ne lui restait plus qu’à enfiler le pantalon de sport…

C’est alors que ses craintes devinrent réalité. Un bruit familier la fait relever la tête alors que Scarlett plonge la main dans son sac, vêtue d’un t-shirt blanc plutôt moulant et de sa culotte. Quelle veine.
Elle s’attend à voir les filles de sa classe - ç’aurait été le meilleur scénario -, mais la silhouette qui se dessine contre la porte ne lui dit absolument rien.
Pire, elle n’a rien de féminin.

Quand le clic du verrou résonne, notre Knightley lâche un cri étranglé et se laisse tomber au sol, entraînant son sac au passage. Elle se retrouve à genoux, penchée vers l’avant, un bras devant la poitrine et l’autre qui tire maladroitement sur les pans de son t-shirt dans une tentative ratée de mise à l’abri.
Mise à l’abri de ce regard que le sien croise, lorsqu’elle remonte le menton. Par réflexe Scarlett saisit la première chose qui lui passe sous la main - en l’occurence, sa trousse - pour la lancer sur l’inconnu. “Ne regarde pas ! Sors ! Dégage !
Elle crie, pourtant sa voix se brise. Son corps entier tremble. C’était bref et il se tenait plutôt loin, mais cet homme l’a vue. Cette simple pensée lui noue la gorge. Elle sent ses larmes monter, et c’est sa volonté pure qui les empêche de couler.

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Xavier W. Disney
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Jeu 4 Jan - 22:48
You are maybe in the wrong place.
Scarlett & Xavier
Il y a des jours où l’on préfère rester coucher.
Ça nous arrive à tous, n’est-ce pas ? Moi, généralement, j’abandonne à dix heures. Quel intérêt de se battre lorsqu’on sait que tout est contre nous ce jour-là ?

Aujourd’hui, c’était ça.
Je m’étais réveillé seul dans notre grande chambre. On est pourtant cinq dedans. Aucun de mes camarades n’a trouvé le moyen de me réveiller. Pourtant, je suis à peu près sûr qu’ils ne sont pas discrets.
Enfin, peu importe. J’ai fini en cours de littérature avec une demi-heure de retard. On remercie l’horloge biologique qui s’occupe de réveiller mon corps lorsque le réveil mécanique fait mal son boulot.
J’ai quand même réussi à me prendre une réprimande du professeur. Il est plutôt conciliant en général, sauf ce jour-là. Evidemment.
A la fin du cours, il me convoque pour me donner un devoir supplémentaire. Comme « punition » pour mon retard.
Génial.

Je ne proteste pas, c’est moi qui suis en tort et je sais le reconnaître.
Même si la vie est injuste, je l’ai appris à mes dépends il y a bien longtemps. Lorsque je me suis réveillé d’un rêve ou j’avais le sang de ma mère sur mon T-Shirt Avengers. Lorsque mon père a été jeté en prison.

Enfin, qu’importe.
Je prends les documents pour mon devoir supplémentaire et je me rends à mon cours suivant : éducation physique et sportive. Plus sportive que physique, si vous voulez mon avis. Mais j’aime bien quand même assister à ces heures de cours. Même s’ils ne m’apprennent rien et que je suis mauvais, je dois bien l’admettre, on prend l’air et on bouge. C’est plutôt cool dans le fond. Enfin, ça c’est le discours que je tiens avant de devoir courir ou soulever de la fonte. Une fois en tenue dans le gymnase, c’est beaucoup moins amusant.

Bref, le cours d’EPS était le dernier de la matinée. J’allais pouvoir consacrer mon après-midi à autre chose. Et puis, tout s’était bien passé alors, j’avais bon espoir que la journée prenne un tournant un peu  moins dramatique.

Mais non.
Il y a des jours comme ça ou, ce n’est pas la peine d’y penser, ça n’ira pas.

Après le sport, j’ai été réquisitionné pour ranger le matériel. La charmante demoiselle qui devait m’accompagner à cette tâche à décider qu’elle devait se préparer pour son petit-ami alors elle m’a purement et simplement planté au milieu du gymnase, me laissant ranger les tapies et les poids.
Charmant.

Mais je m’y suis atteler, au moins je ne serais pas blâmer si quelque chose restait dehors. J’aurais ma conscience pour moi. C’était le plus important. Mais, du coup, j’ai quitté le gymnase une bonne demi-heure après mes camarades. Et, il faut que je vous avoue quelque chose. Je n’ai aucun sens de l’orientation. Vraiment aucun. Du coup, je me suis perdu. Ouais, c’est con hein ? En même temps, j’ai l’impression que tout a été chamboulé après l’incendie là. Comment ça c’est une excuse ? Probablement, pour être honnête. Je me contente de suivre la foule habituellement.

Bon du coup j’ai tourné à gauche. Ça me semble bien pour les vestiaires des garçons.
J’avance de quelques mètres et j’entre dans la première pièce qui me semble être familière.
Sauf que non. Je tombe nez-à-nez avec une jeune demoiselle à moitié dévêtue. Oui, à moitié seulement. Dans l’idée, en maillot de bain sur une plage elle aurait été plus nue que ça.
Malgré tout, je vois principalement le rouge sur ses joues.
Et puis j’entends le « clac » significatif de la porte qui se referme derrière moi. Il était bruyant, ce « clac », non ?

Une fois la surprise de trouver une jeune femme dans le vestiaire que je pensais être celui des garçons, je me détourne immédiatement, passant une main sur ma nuque.

« Mon Dieu je suis désolé ! Je pensais être dans le vestiaire des hommes. Mille pardons, je m’en vais. »

J’allais devoir retrouver cette jeune femme par la suite pour lui faire de plates excuses, peut-être même que je les accompagnerais d’un charmant bouquet de fleurs.  Parce que j’avais été élevé avec une certaine éducation et qu’on m’avait appris à ne pas rendre une demoiselle mal à l’aise. Alors je pose immédiatement la main sur la poignée de porte pour quitter la pièce.

J’appuie dessus et je tire.
Une fois.
Deux fois.
Et puis de manière effrénée.

Ça ne s’ouvre pas.

« Hum. Excuse-moi mais. Il y a une ouverture spéciale sur cette porte… ? Parce qu’elle ne s’ouvre pas… »

Pitié, faites que je ne sois pas coincé ici…

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Galilée
Mer 17 Jan - 12:14
La blonde n’écouta ni ses excuses ni ses explications ; elle voulait juste qu’il foute le camp immédiatement. Ou qu’il disparaisse totalement. Et puis sérieusement, il faudrait être con pour croire qu’il s’était vraiment trompé. Même s’il était en première année, les cours ont commencé y’a plus de quatre mois. Comment pourrait-il encore ne pas savoir se repérer ? Non, elle pensait plutôt être face à un sale pervers qui aimait visiter les casiers des filles pour voler leurs sous-vêtements.

Scarlett, méfiante ? A peine. Mais elle n’y pouvait rien, on l’avait trop souvent blessée et humiliée pour que sa confiance s’obtienne encore au rabais. Elle n’était plus une gamine ignorante ni une victime de choix : désormais la Galilée restait en sécurité derrière des remparts de solitude, là où personne ne pouvait l’atteindre.
Et si personne ne peut l’atteindre, personne ne peut lui faire de mal.

Mais revenons-en à cet intrus ; Scarlett l’entendit manipuler la poignée une fois, deux fois. Et trouva le temps bien long. Qu’est-ce qui lui prenait autant de temps, au juste ? Il ne savait pas ouvrir une porte ?
Bientôt elle sentit la boule dans sa gorge remonter, avec le goût amer de la bile. La demoiselle se mordit la joue et ferma les yeux en se répétant intérieurement que tout irait bien, qu’il allait bientôt partir.

Jusqu’à ce qu’il pose cette question.

Elle releva les paupières et fronça les sourcils. C’était quoi cette blague, il cherchait une excuse pour ne pas sortir ou bien ? Ou alors il n’était vraiment pas doué. Scarlett déglutit doucement pour dégager un peu ses cordes vocales avant de répondre “Pourquoi cette porte ne s’ouvrirait pas comme une autre ?” sur un ton cinglant.
Si c’était une blague elle n’avait vraiment pas envie de rire.

Mais les secondes s’écoulant sans que le jeune homme ne sorte, notre Knightley fut bien obligée de prendre une décision. Elle inspira profondément, lâcha un “J’vais enfiler mon pantalon, tu te retournes t’es mort.” puis déplia tant bien que mal ses jambes, que son malaise et un début de tétanie rendaient cotonneuses.
Une fois entièrement vêtue elle se dirigea vers la porte, fit signe à l’inconnu de se décaler puis actionna la poignée.
….
……..
Ou presque.

Quand Scarlett réalisa ce qu’il se passait, elle s’acharna de toutes ses forces sur le mécanisme. La panique s'insinua dans chaque parcelle de son être comme un poison, rendant les battements de son coeur erratiques. Comment c’était possible ? Pourquoi elle ? Pourquoi avec ce garçon ?
Au bout d’un moment elle lâcha la poignée et donna un violent coup dans la porte.
C’était forcément un cauchemar. Théo allait bientôt la réveiller.
Où était Théo ?

La jeune femme sentit ses yeux s‘embuer de plus belle et se concentra donc pour s’empêcher de pleurer. Il ne fallait pas qu’elle se montre vulnérable.
Une fois un semblant de calme retrouvé elle se tourna vers l’autre adolescent avec un regard courroucé. “C’est de ta faute, tout ça.” Scarlett se dirigea ensuite vers ses affaires et se mit à fouiller frénétiquement.
Elle réalisa alors que dans sa précipitation, elle avait oublié son portable dans la salle de classe. “Merde”. Ses nerfs étaient tellement à vif qu’elle ne réalisa même pas avoir juré à voix haute.

Notre boursière se tourna donc vers le blondinet. Elle n’aimait pas ça, mais il le fallait. “Dis-moi qu't'as ton portable sur toi.
Même pas cap’ de demander gentiment, non.

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Sam 27 Jan - 1:28
I want something just like this.
Scarlett & Xavier
J’aimerais bien être une bestiole parfois. Observer le monde sans jamais y prendre part. Me balader de pièces en maison, de maison en locaux administratifs, en locaux officiels aussi. En apprendre plus que les humains qu’ils ne pourraient jamais en apprendre eux-mêmes. Et puis, mon seul but dans la vie serait de trouver quelque chose à manger et de ne pas mourir. Il y a pire, non ? Mais, je ne suis pas une souris ou quelconque autre animal capable de se faufiler partout. Et si je ne suis pas très grand, je ne serais pas capable de passer sous une porte pour me sortir de là.

S’il y a bien une chose que je n’ai pas en commun avec mes camarades masculins du même âge, c’est cette envie naissante d’aller mater les filles. Je n’y vois pas d’intérêt. Pas que je ne sois pas attiré par elles, attention ! Il m’est plusieurs fois arrivé de trouver certaines demoiselles très belles, mais regarder leur corps sans autorisation, je trouve ça irrespectueux. Et je ne vois pas pourquoi il faudrait l’être avec elles.

Alors, m’entendre traiter de crétin et de pervers en deux phrases de manière détournée, ça me déplaît quand même. Je ne suis peut-être pas très fin dans certaines de mes allusions ou de mes phrases, mais j’estime quand même avoir le droit à un minimum de considération. Bien que je comprenne le pourquoi de la colère de la blonde, je n’avais clairement aucune envie de devenir son punching-ball.

« Je n’ai aucune raison de me retourner, alors si tu pouvais arrêter de sous-entendre quoi que ce soit du genre, ce serait apprécié. »

Mon ton était peut-être un poil sec mais, cette jeune femme commençait à me courir sur le haricot. Depuis que je m’étais rendu compte de mon erreur, mon regard n’avait pas quitté la porte. Porte qui, étant face à ma compagne d’infortune, me positionnait forcément dos à elle.
Alors la mauvaise foi, ça va bien cinq minutes, mais pas plus.

Croisant mes bras sur mon torse, j’attends qu’elle ne daigne me prêter sa poigne. Je ne peux empêcher un rictus en coin lorsqu’elle échoue à ouvrir notre geôle.

Xav 1 – 0 Inconnue.

Et puis, je fini par de nouveau froncer les sourcils.

« Oh ça va hein ! Ce n’est pas ma faute si je n’ai aucun sens de l’orientation et qu’ils sont tous déjà partis. Ce n’est pas comme si j’avais fait exprès de venir ici pour pouvoir me rincer l’œil alors, ça suffit. »

Respire, Xav. Elle est probablement juste effrayée. Et gênée aussi. Je passe une main dans mes cheveux et observe autour de nous. Comment on va pouvoir sortir de ce guêpier ? Si seulement on savait à quel niveau la porte était bloquée, peut-être qu’on réussirait à la déloger de ses gonds ?

« J’ai l’air d’avoir mon téléphone sur moi ? »

Après tout, je sors de mon cours de sport. Je porte un simple short en toile bleu et le t-shirt blanc qui va avec. Et comme l’interdiction d’avoir son téléphone en cours peut m’apporter des ennuis, je me contente de le laisser au vestiaire. Ou il doit encore être.

J’approche de la porte pour essayer de déterminer la panne ou ce qui coince la porte sans y trouver quoi que ce soit de plus. Alors j’abandonne et je me laisse glisser contre le mur, près de celle-ci.

« Si t’as une solution, je suis preneur. J’avais d’autre projet que de rester ici toute la journée. »

Et puis, je commence à avoir faim, moi.

« Je m’appelle Xavier, au fait. »

Ça pourrait être utile, on ne savait jamais. Bien que je doute un peu qu’elle me donne son prénom.

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Galilée
Mar 20 Fév - 22:20
Scarlett sentait ses nerfs chauffer au fur et à mesure, et la satisfaction qui émana de l'inconnu face à son échec ne l'aida pas à se calmer. Y’avait de quoi se réjouir dans cette situation peut-être ? Pour info ils étaient toujours coincés comme des cons dans ces vestiaires.
Vestiaires dans lesquels il n'aurait jamais dû mettre les pieds, pour rappel.

Alors non Scarlett n'avait pas envie d'être aimable, et non ce n'était pas juste de s'en prendre à son compagnon d'infortune de la sorte. Mais elle s'en foutait bien. Tout ce qui importait là maintenant, c'était sortir de là avant que…. Avant quoi ?
Qu'il ne tente quelque chose ?
Qu'elle n'ait une crise de panique ?
Il y avait des deux et de plus. Elle avait plus de peurs que ca.

Dans son état, la blonde ne pût s'empêcher de répondre un “C'est marrant j'ai jamais parlé de ca. Par contre t'as l'air de connaitre ton sujet.” acide avant de se diriger vers ses affaires. Sérieux, qui pourrait être nul en orientation au point de confondre les vestiaires des hommes et des femmes ? Il la prenait vraiment pour une idiote ?
Bref, Scarlett avait mieux à faire que de se prendre la tête avec ce type : il lui fallait appeler de l'aide.
Sauf que sans téléphone, ça allait être compliqué.

Pour le coup l'inconnu n'était pas le seul fautif, et notre Galilée pouvait moins lui en vouloir d'avoir laissé son portable de côté pour le cours de sport que s'en vouloir à elle d'avoir oublié le sien en classe. Mais l’admettre reviendrait à donner raison au blond, or sa mauvaise foi le lui interdisait. Alors à la place, Scarlett fit claquer sa langue contre son palet avant de s’asseoir en croisant les bras et les jambes ; en lieu et place de mots, elle employa le langage corporel pour dire évidemment, tu pouvais pas te montrer utile.
Décidément, le pauvre adolescent ne devait pas avoir une bonne image d’elle. Mais qu'importe. Scarlett avait l'habitude maintenant - l'habitude de tenir les autres à l'écart, de passer pour le vilain petit canard.

Cela dit, parfois, elle se disait que ses ancêtres avaient dû être si horribles qu’on les avait maudits eux et leur descendance. Ca expliquerait pourquoi rien n’allait comme elle le souhaiterait dans sa vie. Si la demoiselle s'apitoyait sur son sort ? Un peu oui, mais de son avis ce sont ses affaires, pas les vôtres. Et puis ça ne l'empêcha pas de se mettre à réfléchir à une solution.

Scarlett  réalisa alors qu'il devait bientôt être l'heure du cours de sport. Un coup d'œil rapide à sa montre le lui confirma. Dans ce cas…
Attendez est-ce que le jeune homme venait vraiment de lui demander si elle avait une solution ? Ou est-ce qu’il voulait juste combler le silence ? Non parce qu’il devait pas se sentir obligé dans le second cas, hein.

La boursière tourna le regard vers ce Xavier, l'air aussi aimable que jusqu'ici. Le silence s'installa quelques secondes, marquant son hésitation, avant qu'elle ne se décide à répondre. “Scarlett.” Parce que peu importe son humeur, elle n'oubliait pas les règles de politesse.
Pas toutes.
Ensuite, la Knightley se pencha vers l'arrière pour poser les mains à plat sur le banc. “Attendre. Les filles de ma classe devraient pas tarder, on a sport après.” C'était la meilleure solution qui lui était venue à l'esprit, jusqu'ici.

Une fois son plan expliqué, elle se mura de nouveau dans le silence en guettant la trotteuse de sa montre. Bordel, ils attendaient quoi les gens de sa classe ?

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Jeu 8 Mar - 21:13
Walkin the tightrope.
Scarlett & Xavier
Respirer. Ne pas s’énerver. J’étais d’un naturel très calme d’habitude, alors pourquoi cette petite blonde réussissait à me faire sortir de mes gonds ? Je n’aime pas ça. Du tout. Mais, pour l’instant je n’ai d’autre choix. Alors je patiente, décrochant un regard mauvais face à ses sous-entendus.

« Oh bien sûr, c’est vrai qu’après m’avoir traité de pervers je n’aurais pas dû y penser. »

L’ironie est une amie bien facile, mais elle n’aide pas beaucoup en règle générale. Alors j’évite d’en abuser, d’autant que lorsque l’on veut faire du droit c’est souvent mal vu. Pourtant, j’adore les avocats qui s’en servent. Vous n’avez jamais regardé Suits ? Le personnage principal est cynique au possible et ça lui apporte une véritable confiance et lui ainsi qu’un pouvoir que ses adversaires ne parviennent pas à avoir. J’adore. Bon après, c’est dans le monde des affaires, c’est un peu différent de ce que je veux faire. Mais je suis persuadé que ça peut beaucoup m’apporter par la suite alors, je le cultive discrètement.

Maintenant que la demoiselle à fini de s’énerver sur la porte, elle se laisse glisser le long de son casier. Je ne la quitte pas des yeux, plus par curiosité que par envie de la détailler. Malgré tout, je ne peux pas m’en empêcher. Elle est jolie, cette jeune femme. Elle doit avoir un ou deux ans de plus que moi. Un sourire étire doucement mes lèvres alors que je me laisse un instant attendrir. Même si elle râle, elle sait qu’elle n’a pas plus de faute que moi. Je n’ai pas besoin qu’on le dise tant que je le sens. Elle m’en veut mais au fond, elle s’en veut surtout à elle-même. Et c’est une peine suffisante pour que j’en rajoute un coup. Alors je ramène mes pieds vers moi, m’installant en tailleur et tapotant des mains sur mes genoux au rythme d’un air éphémère.
Je ne m’attendais pas à recevoir une réponse à ma question.

Scarlett.
Scar.
Cicatrice.

Je ne sais pas vraiment si c’est lié mais, la coïncidence sera trompeuse. Je sais voir les détails, je sais comprendre que le mordant de cette fille n’est pas seulement lié à la situation. N’importe qui l’aurait approchée qu’elle aurait réagit de la même manière. Au fond, elle a de la chance d’être tombée sur moi, d’autres auraient tentés d’en profiter.

« C’est joli, Scarlett. »

C’était sincère. En plus de ce que j’y vois moi, scarlet c’est du rouge. Et moi, bah le rouge c’est une des couleurs que je préfère. Alors je ne vais pas lui dire le contraire. Je lui offre un sourire que je veux rassurant.

Et puis un instant, sa phrase me percute. Je me redresse et fronce le nez.

« Dis-moi que tu n’es pas une troisième année des Squirell… ? »

Par pitié. Faites que ça ne soi pas ça. Parce qu’elle allait littéralement l’éviscérer s’il devait lui dire ce qu’il avait vu. Mais il devait peut-être faire vite, comme pour les pansements.

« Non, ce serait une folle coïncidence. Parce que je crois qu’il y avait une pancarte disant que le court de sport des Squirell de 3ème année était annulé… Y’avais pas d’heure du coup ça devait être plus tôt dans la matinée… N’est-ce pas ? »

Par pitié. Faites qu’elle ne me tue pas.

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Galilée
Lun 28 Mai - 15:23
Scarlett ferma les yeux en inspirant lentement. Quelques secondes, ou minutes tout au plus ; quelques tic-tac égrenés et elle serait délivrée. C’était faisable.
Mais pourquoi avait-elle ce mauvais pressentiment noué autour de l’estomac ? Pourquoi avait-elle la sensation d’avoir oublié quelque chose ? Ca la taraudait.

La Galilée s’était mise à se creuser la cervelle pour essayer de se souvenir, lorsque la voix du dénommé Xavier retentit.
C’est joli, Scarlett.
L’intéressée ne comprit pas tout de suite qu’on venait de lui faire un compliment. Quand ses neurones décryptent enfin l’information, elle releva les paupières pour fixer son interlocuteur d’un air dubitatif. Est-ce qu’il était sérieux ? Non, sans doute que non. Du moins c’est le postulat sur lequel Scarlett se basa ; elle se basait toujours sur le négatif par défaut, histoire de ne pas être déçue. Moins l’on espère, moins l’on souffre.

Pour toute réponse elle grommela donc un “Te force pas à faire ami-ami.” revêche. S’il pensait devoir sympathiser à cause de la situation ou quoi, autant qu’il économise sa salive. Et elle aussi au passage. Mais bref, la demoiselle ne pensait même pas le revoir une fois qu’ils seraient sortis de cette fichue prison. Elle, un peu extrême ? Surtout mal à l’aise à l’idée d’être enfermée en fait, surtout dans des vestiaires - ou dans des toilettes. Cela faisait remonter de mauvais souvenirs.
Quelques images fusèrent dans son esprit ; elle croisa les bras sous sa poitrine pour stopper ne serait-ce que le moindre frisson. C’était dans le passé, tout ça. C’était fini. Elle n’était plus la même.

Tandis que notre Knightley se rassurait de la sorte, le jeune homme eut l’illumination. “Dis-moi que tu n’es pas une troisième année des Squirell… ?” Elle lui adressa un regard perplexe et entrouvrit les lèvres pour répondre, mais il enchaîna rapidement par “Non, ce serait une folle coïncidence. Parce que je crois qu’il y avait une pancarte disant que le court de sport des Squirell de 3ème année était annulé… Y’avais pas d’heure du coup ça devait être plus tôt dans la matinée… N’est-ce pas ?” Là, l’expression de Scarlett passa de perplexe à absente. Elle fixa Xavier en essayant de remettre chaque mot et toutes leurs conséquences en ordre. Le temps que le processus ne s’achève, elle lança mécaniquement un “Tu connais des classes qui enchaînent les cours de sport comme ça, toi ? J’suis même pas une Olympics.
Ding. Tout était clair maintenant. Même le pourquoi de l’étrange sentiment de tout à l’heure.

La blonde se leva brusquement. “Attends, répète ?!” Dit-elle pour changer d’avis aussitôt ; elle leva une main pour le couper dans son élan si jamais il avait pris ses propos au pied de la lettre. “Non en fait ça ira, j’ai pas besoin d’entendre ça deux fois.” Scarlett inspira profondément puis expira ; son souffle était haché. Ses genoux flanchèrent sans prévenir, elle se retrouva accroupie par terre. Sous le choc, son masque de hargne tomba ; l’espace de quelques secondes elle devint une adolescente perdue et effrayée, qui ne savait que faire à part murmurer “Qu’est-ce qu’on va faire…. ?
Pour la première fois depuis que Xavier avait débarqué dans la pièce, elle était désemparée et le laissait paraître.

La boursière ne resta dans cet état que quelques secondes, avant de se souvenir que ce n’était plus elle. Elle se secoua brusquement pour se reprendre puis se remit sur ses jambes. “Putain de merde” souffla-t-elle à part elle, plus pour se donner meilleure contenance que pour autre chose.
Scarlett ne pouvait pas rester ici. Il fallait trouver une solution.

Rapidement, ses iris parcoururent la pièce de long en large à la recherche d’une autre issue. Elle arriva rapidement à la conclusion que leur seule solution, à part la porte, était de passer par la fenêtre.
Celle-ci même qui était bien trop haute pour l’atteindre sans jouer à Yamakasi.

La jeune femme contempla le carré de ciel visible à travers le plexi. Elle se voulait calme et s'illusionnait à penser y parvenir, mais actuellement aucune de ses réactions ne pouvait être raisonnable ni même raisonnée. La vérité c’est qu’elle paniquait et que pour y remédier, pour se prouver le contraire, tout était bon.
Même la témérité.

Scarlett serra les poings et se dirigea vers le meuble le plus proche pour mieux en évaluer la hauteur. Puis elle alla chercher la chaise pliable qui traînait dans un coin depuis Dieu sait quand, mais ne fit pas attention à son état : les pieds étaient rouillés. Et puis même avec ça, pour atteindre le sommet de l’étagère, il lui faudrait sans doute sauter - donc se casser la figure.
Mais les bourdonnements dans ses oreilles la rendaient sourde à toute raison.

Sans se tourner vers le garçon, elle lui expliqua rapidement l’idée. “Je vais sortir par cette fenêtre. Tu peux rester ici, j’enverrai quelqu’un ouvrir une fois dehors. De toute façon avec ton gabarit ce serait moins pratique de passer par là.
On sentait dans son ton une détermination sauvage, une résolution froide ; l’adolescente n’était plus qu’une boule de nerfs incapable de faire autre chose qu’agir. Avancer pour ne pas se laisser rattraper.

Ses mains tremblaient légèrement lorsqu’elle déplia son marche-pieds improvisé.

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Sam 9 Juin - 11:46
Red as blood and black as night
Scarlett & Xavier
Désespérée.
Je crois que c’est le mot. Je l’ai désespérée. Oh, pas seulement au sens figuré, mais au sens propre aussi. J’ai vu un instant l’espoir quitter ses grands yeux bleus. (Je vous ai dis qu’elle avait de grands yeux bleus ? Bah voilà. Ils sont magnifiques d’ailleurs. Comment ça ce n’est pas le propos ? Vous avez raison.)

Toujours est-il que j’en ai déduit sans trop de difficultés que la jeune femme était une Squirell de troisième année. Un an de plus que moi, donc. Génial. Donc on est enfermés ici ad vitam aeternam. Charmant.
Elle va me tuer.

J’en suis sûre. Vous n’avez pas vu son regard quand je suis entré dans cette pièce.
Mais ce qui m’inquiète c’est son calme. Il est étrange. Comme si elle maîtrisait parfaitement la situation. Et, on peut facilement dire que ça n’est pas le cas. Ni pour elle, ni pour moi.

Mais quelque chose stagne dans l’air. Je m’étais attendu à des cris, à me faire frapper même. Mais rien ne vient. Bon, je ne la connaissais pas assez pour savoir si, oui ou non c’était normal pour elle mais, je sentais quand même que quelque chose clochait. Je l’observais faire, pousser la chaise.

Okay. Pause.
On reprend.
Je suis enfermée avec une jeune fille qui semble tout sauf rassurée d’être avec moi seule ici, qui est dans un état de ce que je pourrais appeler transe et qui agit. Alors, c’est bien d’agir cocotte mais, si c’est pour te casser les reins, ce n’est pas la peine.

Mais pour le coup, je n’hésite pas. Parce que je la vois monter sur cette chaise rouillée, alors j’approche et pose ma main sur le dossier, passant à moitié devant elle pour fixer mon regard dans le sien.

« Je ne ferais pas ça si j’étais toi. La chaise ne tiendra pas. »

Est-ce que je risquais de me faire incendier parce que j’avais sous-entendu qu’elle était peut-être lourde ?  Probablement. Mais n’importe quel être humain aurait été trop lourd pour grimper sur cette chaise. Et je sais que j’ai 98% de chance qu’elle m’envoie chier et qu’elle monte quand même. Mais j’pouvais pas rester immobile sans rien dire. Déjà que je l’entends d’ici le « de toute façon t’as même pas bouger le p’tit doigt pour trouver une solution. » (Sauf qu’entre vous et moi, je n’ai pas vraiment eu le temps de bouger voyez-vous.)

« Par contre tu peux monter sur mes épaules. Ou que je te fasse la courte échelle, peu importe ce que tu préfères. Ça t’évitera de te casser quelque chose. »

Et puis, je lui proposais des solutions de remplacement, je ne la coupais pas dans son élan juste pour mon bon plaisir.

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Galilée
Dim 19 Aoû - 10:41
Elle s'en fout, Scarlett, mais si royalement - elle se veut maîtresse de la situation, maîtresse de ses démons, et oh
Si seulement elle pouvait rester maîtresse d'elle-même au moins.
Mais elle n'y arrive pas. Elle est encore prisonnière d'un passé qu'elle subit, se noie dans des terreurs troubles.

Alors soudain toute idée lui paraît bonne ; l’esprit éclairé par des lumières factices Scarlett ne fait même plus attention au danger. Même quand Xavier essaie de la raisonner, elle se contente de le fusiller du regard en lui arrachant la chaise des mains. Qu’est-ce qu’il a, lui ? Il ne veut pas sortir, c’est ça ? Être enfermé dans les vestiaires des filles, avec l’une d’entre elles, lui plaît tant ?
Il est comme les autres - dédain, déni.
Ferme tes yeux à cette sincérité qui brille dans les siens.

La jeune femme le contourne pour se placer plus près du mur en envoyant ses idées - pourtant toutes meilleures que la sienne - d’un “Plutôt crever” rèche. Hors de question qu’il la touche, qu’elle se repose sur lui ou de lui donner raison. Elle sait très bien se débrouiller, veut-elle faire croire.
Scarlett déploie de nouveau les pieds rouillés et pose pied sur l’assise. Droite, puis gauche. Un instant de lucidité ; elle hésite légèrement avant de déplier finalement les jambes.
Quand elle s’est totalement redressée, la Galilée éprouve un léger sentiment de victoire. Elle se tourne de quelques degrés pour narguer le blond du haut de son piédestal-
Se sent soudain tomber dans un craquement sonore.

Quand elle rouvre les yeux, Scarlett s’attend à avoir mal partout. A la place elle se sent surtout sonnée, comme si seule sa tête avait pris un choc violent. Elle se redresse légèrement pour voir ce qui a amorti sa chute, seulement pour tomber nez à nez avec deux iris mordorés qu’elle contemple un instant, encore abasourdie.
Quand l’information atteint enfin son cerveau, la demoiselle se redresse vivement et saisit le dossier brisé de la chaise pour menacer son matelas vivant avec, le souffle archaïque, visiblement perdue et apeurée. Il lui faut quelques secondes pour retrouver un semblant de raison et poser son arme.

Ensuite, Scarlett recule jusqu’au mur, se laisse glisser dos contre lui et se roule en boule. Elle reprend sa respiration avant de demander enfin “Rien de cassé ?” sans oser relever la tête. C’est encore trop tôt pour des excuses, mais le choc lui a fait réaliser à quel point elle a merdé. La honte l’étouffe, ses forces la quittent.
Elle se sent de plus en plus mal.
Scarlett est fatiguée, elle veut rentrer à la maison - chez Théo -, prendre Opaline dans ses bras et dormir. Se réveiller de ce cauchemar.


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Ses silences se brisent en indianred
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Xavier W. Disney
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Xavier W. Disney
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Dim 19 Aoû - 14:45
Soyez gangster, soyez voyous
Scarlett & Xavier
En règle générale, je ne suis pas du genre à être moralisateur. J’essaie du mieux que je peux de prendre mon mal en patience et de voir avec la personne comment résoudre le souci qui se pose. Mais je vous le dis, moi, il y a un « je te l’avais bien dit » qui m’a démangé là. Faut être complètement con pour monter sur une chaise rongée par la rouille, qui est déjà sur le point de céder alors qu’on la prend entre nos doigts.

Bon, con peut-être que c’était pas le mot.
Elle était juste désespérée.

Je ne sais pas ce qu’elle a, cette fille, mais ça me heurte en pleine face. Y’a quelque chose chez elle qui me donne envie d’essayer de l’aider, d’essayer de sortir d’ici sans attendre l’heure de cours suivante. Une espère de douleur, de frayeur.

Alors, je la laisse monter sur cette foutue chaise. Je l’aurais prévenue. Je l’avais prévenue. La chaise craque à peine se tourne-t-elle pour me narguer. Je ne sais pas si c’est un coup du destin ou si c’est une manière de se venger, mais je la vois chuter. Au ralenti. Le temps de me déplacer de deux pas pour me mettre derrière elle et la réceptionnée. Je ne m’étonne pas réellement de tomber au sol avec elle, l’impulsion de la chute n’est pas suffisamment faible pour que je la contre. Je me retrouve donc au sol, Scarlett allongée sur moi. J’espère au moins qu’elle n’a rien. Parce que moi, j’ai mal au crâne. Ouais, ma tête à rebondit sur le sol pendant la chute du coup, je pense que je vais avoir une belle bosse. J’irais à l’infirmerie en sortant d’ici, en espérant que ça ne soit pas plus grave que ça.

Et puis, elle réagit. Très vite. Trop vite. Je fronce les sourcils et je m’assieds au sol. Je fixe la jeune femme d’un air concerné. Elle a l’air paniquée. Et ça me fend le cœur de ne pas réussir à lui faire comprendre que je ne lui ferais aucun mal. Alors je ne bouge pas, passant simplement une main dans mes cheveux à l’endroit ou ma tête à heurté le sol.

« Non, j’aurai une belle bosse voilà tout. »

Puis, mon regard se perds dans ces grands yeux bleus. J’essaie de sonder au mieux la jeune femme. Finalement, je baisse les yeux sur mes genoux, un sourire attristé aux lèvres.

« Tu sais, je ne vais pas te faire de mal. Je suis pas là pour ça et je ne vois pas l’intérêt de blesser les gens pour s’amuser. J’suis pas venu ici volontairement, j’me suis pas enfermé ici avec toi volontairement dans un but x ou y. Et je veux sortir d’ici autant que toi. Et ça aiderait que tu ne repousses pas mes tentatives de t’aider… »

Je me sens complètement idiot parce que je n’ai pas su gérer sa panique. Peut-être aussi car elle n’a pas voulu me la montrer, parce qu’elle n’a pas voulu que j’interfère. Je peux comprendre ça. Mais, ça ne m’empêche pas de me sentir complètement idiot, inutile et ridicule.

« Je suis désolé de nous avoir mis dans cette situation. »

Parce que par contre, je ne pouvais pas nier que c’était de ma faute. Je me serais pas trompé, j’aurais peut-être eu une chance de rentrer dans ma chambre rapidement.
Je risquais un regard sur la jeune femme, plongeant mes yeux dans les siens une nouvelle fois. J’espérai qu’elle pourrait essayer de travailler avec moi.
Et qui sait, peut-être qu’un jour on sera ami.
Mais il ne faut pas trop rêver mon bon Xavier, une fille comme ça ne sera jamais amie avec un type comme toi.

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