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Heartbroken ✖ Benjamin [END]

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Lun 23 Oct - 15:57
Heartbroken
Le vide. Le calme plat.
Depuis que le Frozen Night Club avait été vidé des étudiants, Kaelen était restée seule. Elle avait rangé, nettoyé. Elle avait même fait la vaisselle à la main pour s’occuper l’esprit.
Elle avait rangé les biscuits qui n’avaient pas été touchés, mis les boissons à la poubelle. Elle avait sorti les poubelles, fait des lessives, passer la serpillière, essuyé le sol, réparer la machine à café, passer l’aspirateur, astiquer le bar.
Aethelwulf était bien passé en fin de soirée, lorsque tous les élèves avaient été replacés dans des logements temporaires, pour voir comment elle allait. Elle avait fait bonne figure, lui avait assuré que tout allait bien. Il avait proposé de l’emmener à l’hôpital pour voir Benjamin.

Parce que Benjamin était à l’hôpital.
Elle le savait maintenant, elle avait été prévenue par un infirmier de l’hôpital. Elle avait répondu mécaniquement à l’appel et n’avait pas bouger depuis.

Enfin, pas bouger du Frozen. Parce qu’elle n’avait plus arrêté. Elle avait à peine adressé un mot d’au revoir à Leyna et Jesper, elle espérait que Lilas irait bien aussi.
Alors, elle n’avait pas été voir Benjamin. Pas ce soir-là.
Pas non plus le matin. Elle n’avait pas dormi, elle s’était trouvé une soudaine motivation pour faire la comptabilité du Frozen qui traînait depuis plusieurs semaines maintenant. La bonne nouvelle, c’est qu’elle était à jour et qu’elle avait même fait quelques profits. Merci les vacances. Il était dix heures lorsque les premières visites vinrent à elle. Reyn se fichait un peu de ce qu’elle avait prévu, Leyna voulait qu’elle aille à l’hôpital, mais elle n’avait pas insisté, Jesper l’avait carrément engueulé suivi d’Aethelwulf qui s’en était lui aussi donné à cœur joie, finalement Wanda avait voulu être plus diplomate, mais elle n’avait pas obtenu plus de résultats.
Kaelen refusait d’aller voir Benjamin.

Oh, elle ne lui en voulait pas. Enfin, si, un peu. Mais, pas vraiment.
Elle était juste morte de peur à l’idée de ne retrouver qu’un cadavre, qu’un homme dans le coma ou pire, qu’il ait hérité d’un handicap. Oh, elle ne l’abandonnerait pas pour autant si c’était le cas, mais elle avait peur. Et elle avait besoin d’être sûre d’elle-même pour y aller. Sûre de ne pas s’effondrer lorsqu’elle le verra.

Il était dix-neuf heures lorsqu’elle arriva à l’hôpital. Les visites finissaient à vingt heures et, ça faisait trois heures qu’elle tournait en rond dans leur appartement. Appartement qui n’avait jamais été aussi propre et rangé, soit dit en passant.
Elle avait pris une douche, ça n’était pas du luxe, et enfile les premiers vêtements qui lui étaient passés sous la main. Elle n’avait pas réellement fait attention qu’elle portait le t-shirt qu’elle avait le soir où ils avaient regardé Castle ensemble pour la première fois.

Et puis, une porte.
Service des grands brûlés.
Chambre 2145 - B. Perrault

Son cœur se serra. Toutes les victimes de l’école avaient été mises dans ce service, si bien qu’elle avait croisé quelques visages qu’elle connaissait en arrivant. Mais personne ne faisait attention à elle, trop occupé avec leurs propres peines.

Elle resta figée devant la porte alors que les plateaux commençaient à être débarrassés. Elle ne vit pas tout de suite l’infirmière mal lunée qui voulait passer.

- Oh on se pousse de là ma cocotte y’en a qui bossent ici.

En temps normal, Kaelen l’aurait envoyé chier.
Mais on n’était pas en temps normal.

Elle bougea à peine, se sentant bousculée par cette femme qui ouvrit alors la porte.
Il était là, allongé sur un lit dont les draps tranchaient avec la peau pourtant si pâle de son homme. La télévision était allumée, mais le son était au plus bas. Elle ne pouvait voir son visage, pas d’ici.

- Alors on n’a rien manger mon chou ? C’est pas très bien ça, il faut vous alimenter !

Kaelen senti son cœur se serrer. Elle déglutit. La bonne femme ressortie avec le plateau intact, seule une compote avait été entamée, mais pas terminée. Elle coula un regard sur Kaelen et soupira avant de la pousser à l’intérieur. De toute façon, elle était devant la porte.
Alors Kaelen entra, d’un pas hésitant. Elle approcha doucement du lit, sans un mot, silencieusement, ne s'arrêtant qu'à quelques mètres du blond.
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✽ Benjamin C. Perrault
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Mar 24 Oct - 10:24
C’était comme dans un rêve, une fin aussi joyeuse qu’interminable, que l’on trouve dans les contes remaniés spécialement pour les enfants depuis quelques années. Là où le mal ne triomphe jamais, là où le camp des ‘gentils’ fini toujours auréolé d’une lumière bienfaitrice. Sauf qu’il n’y avait ici ni princesse ni prince charmant ; simplement le silence altéré par les allées et venues des infirmières et autres aides-soignants dans le couloir de cet hôpital.

Benjamin ouvrit les yeux pour la première fois en plusieurs heures à cause de l’effet désagréable de la lumière artificielle sur ses yeux. Les ampoules LED avaient une présence appréciable toute discutable. Mais cela le poussa au moins à se débattre avec sa conscience en mille morceaux. Le Perrault tâcha de reconnecter. Que lui était-il arrivé ?

Il se souvenait de l’incendie, d’y être retourné et de la poutre sous laquelle il s‘était retrouvé. Il remettait des sensations sur la chaleur, l’écrasement et l’étouffement lié à la fumée. Mais les détails, cependant, lui échappaient. Ce fut lorsqu’une infirmière vint établir un contact avec lui que la majorité des morceaux manquants furent recollés dans son esprit. Les pompiers l’avaient amené ici en urgence après qu’il soit sorti des flammes, avec trois autres étudiants.

Oui, il se rappelait maintenant. Connor, Etoile et Lily-Rose. Le professeur demanda des nouvelles de ses élèves mais n’eut pas vraiment de précision. Il sut qu’ils allaient ‘aussi bien que possible’ mais rien de plus. Au moins, ils étaient vivants, c’était la principale consolation du Perrault. Sa tête le fit souffrir alors qu’il essayait de réfléchir à quoi faire par la suite. On l’en dissuada. Un état rapide de ses blessures fut fait, il se retrouvait donc comme étant de chanceux propriétaire d’une fêlure d’une vertèbre – l’infirmière insista sur le côté chanceux de la situation car entre fêlure et fracture il n’y avait qu’un pas, semblait-il – une jambe brûlée au deuxième degré profond, une arcade sourcilière suturée, une épaule démise – mais qui avait été replacée depuis - et des hématomes un peu partout. Sans parler de la fumée dans ses poumons qui justifiait alors le port d’un masque à oxygène.

Ses parents furent prévenus, bien entendu. Et Chris était venu le voir aussi vite que possible. Mais devant l’état de son jumeau, épuisé au possible, il décida de ne pas insister davantage le premier jour. Lorsque Benjamin lui demanda où était Kaelen, il se contenta de lui répondre ‘en sécurité’. Bien bien… Décidément ce ne serait pas aujourd’hui que Benjamin aurait des informations cohérentes semblait-il.

On lui administra des calmants contre la douleur qui commençait à revenir de plus en plus ardemment et il dormi ainsi jusque tard dans le matin du jour suivant. La journée se passa vite ou lentement, à vrai dire Benjamin n’aurait su le dire avec exactitude. Lorsqu’on lui apporta à manger, il eut envie de renvoyer le plateau. Non pas par envie d’être insupportable mis parce qu’il n’avait réellement pas faim. L’infirmière ne voulut rien entendre et repartie, laissant là les victuailles. Le blond se fit violence pour au moins essayer de manger un peu, mais ce ne fut là rien d’extraordinaire.

A dix-neuf heures, l’aide-soignante revint, fit un semblant de sermon à Benjamin mais cessa vite en constatant son état. Il était fatigué, il devait se reposer. Ce fut là qu’il aperçue une silhouette familière. Kaelen. Il voulait sincèrement la voir. Et maintenant qu’elle était là, Benjamin ne savait comment réagir. Son masque était devenu soudainement très encombrant. Il tenta de tendre la main vers sa fiancée mais il en avait oublié son attelle, fermement serrée à cause de son épaule presque disloquée. « …Bonjour… » Fut la seule chose qu’il parvint à articuler entre deux toussotements.

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Mar 24 Oct - 14:38
Heartbroken
Figée. Elle était figée.
Il était là, vivant. Mais il avait toujours son masque à oxygène sur le visage. Elle avait capté son regard en entrant et ne l’avait plus lâché. Elle avait approché, vidée à l’intérieur.

Il était en mauvais état. En très mauvais état. La main qui se tendit doucement vers elle, presque tremblante, ce regard presque éteins, les différents bandages… Kaelen n’y tient plus. Ses jambes cédèrent sous elle alors qu’elle prenait la main de Benjamin dans la sienne, les larmes revenant de plus belle dans ses grands yeux bleus. La vie était injuste. Terriblement.
Elle était la pire femme du monde, elle avait tout goûter : alcool, drogue, sexe. Et pourtant, c’était lui, si droit, si honnête, si gentil, qui était dans ce lit d’hôpital

Elle avait eu peur. Terriblement peur. Mais il allait bien. Il était en vie. Il bougeait. Il la regardait. Il était là. Et merde, peu importait qu’il ait un foutu handicap. Il était en vie.

Elle ne dit rien, sanglotant bruyamment, le front posé contre la main du blond. Tout le poids qu’elle avait eu sur le cœur depuis la veille, depuis l’apparition du Palais enflammé à la télévision, tout s’était envolé en quelques secondes. Les nerfs avaient lâcher et la fatigue de son corps et de son esprit s’était fait ressentir.
Elle resta plusieurs minutes à pleurer piteusement avant de se redresser. Il pouvait facilement deviner son désarroi. Outre ses larmes, elle n’était pas maquillée – ça n’arrivait jamais – et elle portait des cernes aussi grandes que des valises sous les yeux. Ça faisait quarante heures que Kaelen n’avait pas dormit.

Elle essuya ses larmes du plat de la main, agrippa doucement le masque de Benjamin pour le relever un peu. Elle vint finalement poser ses lèvres sur les siennes, sa main libre se posant délicatement sur sa joue. Le baiser n’avait rien de passionné, de fougueux. Il était doux, libérateur et soulagé. Elle resta ainsi plusieurs secondes avant de lui remettre le masque sur le nez, posant finalement son front contre le sien.

- Je t’interdis de mourir avant moi, Benjamin Claude Perrault.

La voix était encore tremblante, peu assurée. Elle attrapa l’une de ses mains qu’elle serra avec force dans la sienne. Oh, elle lui ferait des reproches sur ses aspirations à être un héros. Mais un autre jour, dans un autre contexte, au détour d’une boutade. Aujourd’hui, elle était juste soulagée de pouvoir retrouver son homme.

- Comment tu te sens ?

Sa main libre vient doucement caresser ses cheveux, dégageant quelques mèches de son visage. Elle s’assied délicatement au bord du lit, sans le quitter des yeux.
La question était de savoir comment elle allait pouvoir le laisser ici ce soir et rentrer seule chez elle ?
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✽ Benjamin C. Perrault
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Sam 28 Oct - 0:58
S’il n’avait pas été achevé par le surplus d’émotions toutes plus étranges les unes que le autres après son réveil, Benjamin fut abattu immédiatement en voyant dans quel état Kaelen apparaissait présentement devant son lit, son unité meurtrie. Sa gorge s’assécha presque immédiatement, illusoire moyen de se mettre un peu à l’écart du reste. Benjamin ne put réprimer un frisson désagréable le parcourir de part en part – réveillant par la même occasion les premières douleurs qui n’étaient dès lors plus engourdies par leur médicale liqueur. Kaelen avait toujours été une femme forte, indépendante et fière. Jamais le français n’aurait imaginé un jour la voir sous ce jour ; elle paraissait si vulnérable. Les larmes de sa dame lui firent se sentir coupable au plus profond de lui.

Mais pour autant, le Perrault devait aussi reconnaître qu’il ne regrettait rien ; absolument rien de ce qu’il avait fait auparavant. Il avait contribué à sauver des gens et s’il devait se retrouver encore et encore dans cet état-là pour sauver de nouvelles vies, alors il n’hésiterait pas. C’était un domaine sur lequel lui et Kaelen ne s’entendrait probablement jamais. Pas plus que Christophe, d’ailleurs. Mais de cela il ne voulait pas se polluer les pensées pour l’heure. Un débat stérile n’aurait aidé personne.

Il accueille comme un baume le délicat baiser que lui offre sa compagne. Il est revigorant et chasse dès lors les mauvais pendants de ses réflexions qui demeuraient ancrés en lui jusqu’alors. Pour l’heure, la simple présence de l’anglaise suffisait à le faire se sentir un peu mieux – en dépit des piques d’affliction que lui renvoyait ses blessures. La main dans sa chevelure l’apaise encore un peu plus. Il tente de sourire à Kaelen malgré ce masque fort peu aisé pour la moindre diction correcte. « Je vais. Je suis en vie, c’est l’essentiel. » Il voulait parer au plus urgent. Et son regard se fit la surface brune de ses émotions.

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Sam 28 Oct - 2:40
Heartbroken
S’il fallait être honnête, Kaelen n’avait pas apprécié de savoir que Benjamin était retourné dans les flammes. Elle en avait entendu parler, par des élèves admiratifs du courage du blond. Mais Kaelen l’avait maudit, du plus profond de son âme.
Mais au fond, Kaelen n’épousait pas Benjamin uniquement pour ses beaux  yeux. Bien qu’ils y soient aussi pour quelque chose. Elle connaissait le caractère de Benjamin, et elle savait que si elle avait été à sa place elle aurait fait exactement la même chose. Parce qu’au fond, sauver des gosses était bien plus important que tout.
Mais elle avait eu tellement peur de le perdre. Et son instinct fut d’abord égoïste. Penser à son homme. Sa petite vie.

La demoiselle se redressa, retira son gros gilet sur la chaise près du lit. Elle était encore fébrile, prête à fondre de nouveau en larme au premier mot plus haut que l’autre. Il était si pâle. Elle se réinstalla près de lui, glissant une main dans ses cheveux. Elle aurait voulu s’allonger près de lui, se nicher dans ses bras. Mais elle était effrayée à l’idée de lui faire mal. Elle embrassa sa tempe et glissa ses doigts dans ses cheveux. Ils étaient un peu rêches, abîmés par la présence de suie et de poussière. Elle l’écouta doucement et soupira.

- Ce n’est pas une réponse.

Elle attrapa la carte au bout du lit sur laquelle le dossier était inscrit. Elle n’était pas médecin, comprendre le charabia médical ne l’aiderait pas. Mais, elle n’était pas idiote.
« Trace de fêlure sur la Douzième vertèbre » et « Brûlure au deuxième degré de la jambe droite ».
Elle avait pâlie. Dieu merci, il allait bien. Mais il n’était pas passé loin du désastre. A quelques lettres près, il était invalide. Il inspira longuement et reposa le dossier, revenant près de sa main valide. Elle s’agenouilla près du lit, glissant ses doigts entre les siens. Elle souffla un peu et serra sa main.

- Lilas a un trauma. Jesper va bien. Leyna aussi. Je crois que Tim ne s’en sort pas trop mal. Foster est en bonne santé mais, il a été malmené par les journalistes. Il avait l’air au bord de la crise de nerf. Charlotte va bien aussi.

Elle frotta son nez contre sa main. Elle sentait qu’elle reprenait un peu du poil de la bête. Mais, elle refusait de s’installer près de lui, cette histoire de fêlure lui faisait peur. Et si un simple mouvement le rendait paraplégique ?

- Bref. Pas de morts. Je crois qu’il y a quelque blessé sérieux mais, ça avait l’air de bien aller.

Il n’avait rien demandé mais elle le connaissait. Elle leva les yeux vers lui.

- Parle-moi, reste pas enfermé dans ton mutisme.

Si son état physique était déplorable, elle ne donnait pas cher de sa santé mentale. Elle refusait qu’il rumine tout ça tout seul, elle voulait qu’il partage même si ça la rendait folle.
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✽ Benjamin C. Perrault
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Dim 29 Oct - 17:07
Pas de morts. C’était, au fond, tout ce qu’il avait besoin d’entendre à propos du désastre qui avait envahi le Palais il y a quelques heures...quelques jours ? Benjamin ne savait plus vraiment. Sa tête lui faisait mal, mais il aurait tout de même voulu prendre une douche pour s’ôter cette impression de saleté qui ne cessait de lui coller à la peau depuis son réveil. Il n’avait toujours pas faim, son estomac commençait même à se joindre à la dissidence de son corps tout entier. Comme s’il avait besoin de ressentir de la douleur ici aussi. Un soupir lui échappa. Kaelen parlait beaucoup. Beaucoup plus qu’à l’accoutumée. Cela ne lui ressemblait pas et Benjamin se retrouvait bien peiné de ce constat. Quelque part, il savait que c’était entièrement sa faute.

« Que veux-tu que je te dise ? Charlotte, Chris et toi vous allez bien et mes élèves aussi. C’est le plus important. J’irais prendre de leurs nouvelles quand je serais en état de pouvoir me déplacer seul, déjà. » Il déglutit avant de poursuivre, ne sachant que faire pour argumenter son propos. « J’aimerai te dire que je suis désolé, t’apaiser en te disant que je ne sais pas ce qu’il m’a pris, là-bas, en voyant les flammes grimper. Mais ce serait te mentir et je me suis toujours refusé à ça. Pas de mensonges, peu importe comment. » De toute manière la confrontation à ce sujet-ci devrait se faire à un moment ou à un autre. Reculer le délai n’aurait été qu’une manière détournée de reculer pour mieux sauter. Et ils n’avaient pas le temps de jouer, ni l’un ni l’autre.

D’un geste mal assuré, Benjamin tenta au moins de se redresser dans son lit, en position assise. Mais c’était compliqué. Et dans son état actuel, ce n’était pas forcément une bonne idée non plus.

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Dim 29 Oct - 18:27
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Kaelen avait la tête complètement vide. Depuis que les images de l’incendie étaient apparues sur les écrans de télévision du club, son esprit s’était complètement vidé. La seule pensée qui avait demeurée intacte, c’était le sourire de Benjamin. Ce sourire qu’elle avait vu si souvent. Et qu’elle aimait tant. Elle s’y était accroché, jusqu’à ce que, submergé par les émotions, ce sourire ne se fige, transformé en un instant en cadavre. Et Kaelen avait perdu pied.

Elle continue de caresser sa main, trop bavarde pour rien. Elle meuble le silence oppressant de cette chambre d’hôpital. Elle essaie comme elle peut de changer la rengaine qui traine dans sa tête. Celle qui lui chantonne qu’il aurait pu mourir. Celle qui lui chantonne qu’elle aurait pu le perdre. Elle n’avait jamais réfléchi à cette éventualité avant. Elle n’avait jamais pensé qu’il aurait pu partir avant elle. Et maintenant, elle est effrayée à l’idée qu’il meurt avant elle. Aujourd’hui, dans un mois ou dans trente ans, elle ne veut pas le perdre. Jamais.

Alors elle l’écoute doucement. Il n’a pas compris. Mais il est sonné, c’est normal. Elle pose sa joue sur sa main assise en tailleur à même le carrelage froid du sol. Elle écoute sa voix éraillée lui dire des choses qu’elle sait déjà. Elle lève finalement les yeux vers lui et souffle.

- Est-ce que je t’ai fait un seul reproche, Ben ?

La voix était posée, pas tout à fait vide. Elle reprenait un peu contenance à son contact. Elle n’avait rien dit. Parce qu’elle savait. Parce qu’elle le connaissait par cœur. Parce qu’elle l’aimait.

- Je veux que tu me dises ce qui s’est passé dans ta tête. Est-ce que tu as eu peur, est-ce que tu as mal, est-ce que tu veux en parler, simplement. Je ne veux pas que tu rumines tout ça après. Enfin, je t'écouterais si tu en as besoin. J'crois que je voulais que tu le saches.

Elle ne voulait pas qu’il se réveille en sueur dans un mois, hanté par les souvenirs de cette soirée. Elle voulait simplement qu’ils puissent en parler. Elle posa son menton sur la main de Benjamin qu’elle ne lâcha pas une seule minute, son regard se perdit dans le vague après un haussement d’épaule.

- Je t’épouse pas uniquement pour tes beaux yeux, Perrault.

Elle estimait que ça voulait tout dire, que le débat était clos. Oui, elle est fière que son futur époux ait pu contribuer à sauver des vies humaines. Elle en sera toujours fière. Et elle aurait probablement été déçue s’il était rentré avec l’air de s’en fiche sans rien faire.
Elle entrelaça ses doigts aux siens, cherchant toujours cette proximité avec lui, et releva une mine grognon lorsqu’il tenta de bouger.

- Tcht. Tu restes allongé.

Par contre, elle allait être une terrible infirmière. Et si le fantasme de l’infirmière sexy pourrait être amusant à la fin de sa convalescence, au début il n’allait même pas pouvoir y penser. Il allait plutôt rencontrer l’infirmière Dragon. Elle reposa sa joue sur sa main, observant le mur en face d’elle d’un air un peu absent.

- Je t’aime.
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✽ Benjamin C. Perrault
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Mar 31 Oct - 16:00
Non. Elle ne lui avait rien reproché. Rien du tout. Pas la moindre déception dans son regard ou quoi que ce soit d’autre. Et c’était justement ce qui déstabilisait un peu Benjamin, sans aucun doute. Il s’était attendu à devoir essuyer les assauts furieux d’une valkyrie enragée, au moins. Car il connaissait bien le tempérament de Kaelen – ou pensait le connaître ? Il n’était plus certain de rien, présentement- et il pensait vraiment qu’elle serait furieuse qu’il se soit ainsi mis en danger. Sa réaction aurait été la même malgré tout, il ne regrettait rien de ce qu’il avait fait ; mais tout de même. C’était étonnant.

Il écouta attentivement les paroles de sa chère et tendre, lui souriant autant qu’il le pouvait avec ce maudit masque sur le nez. « Je t’aime aussi. » C’était une telle évidence, à ses yeux, qu’il n’avait même pas songé à la nécessité de l’énuméré auparavant.

Seulement voilà, Benjamin avait beau assumer les conséquences de ses actes, sa psychée, elle, n’avait pas réussie à évacuer toutes les émotions qu’il avait pensé avoir laissé derrière lui dans les flammes. Il ne le sentit pas immédiatement mais bientôt une, deux, trois puis des dizaines de larmes dévalèrent ses joues, épousant les contours du masque, coulant sur sa peau pour venir finalement mourir dans le tissu médical qu’il portait. Parce que quand bien même son courage lui avait permis de pareilles folies, Benjamin restait avant tout un être humain.
Et comme tout être humain qui se respecte, il avait été traversé par l’émotion la plus légitime dans ce cas de figure : la peur.

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Mar 31 Oct - 16:58
Heartbroken
Oh, elle garderait ses reproches pour un moment où ils seraient au calme. Parce qu’elle ne voulait pas que ça sonne ainsi. Elle voulait juste qu’il comprenne à quel point elle avait eu peur, à quel point elle était inquiète pour lui. Mais, elle refusait de le blâmer, de l’enguirlander, de le gronder. Elle n’avait pas envie qu’il se sente coupable alors qu’il avait sauvé des vies. Elle sourit à ses mots, embrassant doucement le dos de sa main. Elle ne le senti pas tout de suite fébrile, se redressant finalement en entendant la respiration s’accélérer. Son visage se figea. Si Kaelen se rassurait doucement, elle n’était pas vaillante. Un rien aurait pu la faire tomber de nouveau.

Mais non, elle avait suffisamment pleuré. Elle refusait de fondre en larme devant lui, elle refusait de pleurer avec lui. Parce qu’elle devait être là pour le réconforter, elle devait être là pour lui remonter le moral et l’apaiser. Elle lâcha sa main et grimpa sur le lit en prenant mille précautions. Elle ne voulait pas le blesser plus que de raison. Elle ôta ses chaussures, se glissa contre lui et essuya ses larmes doucement au fur et à mesure qu’elles coulaient le long de ses joues. Elle embrassa sa joue, frotta son nez contre sa tempe tout en caressant ses cheveux délicatement. Elle ne s’appuyait pas sur lui, portant tout son poids contre l’épaisse barrière en plastique qui faisait office de garde-fou. Elle retira doucement le masque à oxygène, le déposa sur l’oreiller et vient poser sa main sur sa joue pour lui voler un baiser.

Elle ne disait rien, elle savait que ça n’aurait aucun intérêt.
En quelques secondes, elle était redevenue elle-même. Tout s’était rallumé en elle et, elle avait retrouvé sa force. Au fond, Kaelen était une protectrice dans l’âme. Si elle ne le savait, les personnes gravitant autour d’elle n’auraient pu en douter. Benjamin, lui aussi, était quelqu’un de fort. Quelqu’un qui ne pliait pas aussi facilement. Benjamin se remettrait bien mieux si Kaelen venait à disparaître prématurément. Alors, le voir fondre en larme ainsi avait tiré sur sa corde sensible. Elle avait tout de suite retrouvé son courage et sa détermination. Benjamin retrouverait le sourire, elle allait s’en assurer.
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✽ Benjamin C. Perrault
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Mer 8 Nov - 18:31
Pour le moment, Kaelen était la lumière dans l’obscurité qui enveloppait Benjamin, faisant peser tout son poids, atroce, sur son corps déjà malmené. Mais il ne ressentait pas –encore – la douleur physique dans son ensemble, les antidouleurs l’aidant à se soustraire à cette perverse manipulation des chaires. Seules ses émotions le guidait présentement et c’était sans doute pour cela qu’il réalisait, enfin, ce par quoi il était passé, et ce qui aurait pu advenir de lui si les choses avaient été sur la mauvaise pente du karma – ou tout du moins sur une pente encore pire que celle-ci.

Heureusement, Kaelen était près de lui et après un baiser échangé, il se sentait déjà mieux, ramené sur terre. Benjamin prit une profonde inspiration et offrit un sourire qui se voulait rassurant à sa fiancée. Il allait lui répondre quelque chose lorsqu’une voix stridente l’interrompit.

« Bah alors mes p’tits ?! Faut pas faire de folies acrobatiques, j’vous rappelle que vous avez failli finir sans un fauteuil tout de même ! Tentez pas le diable non plus ! »

Il rit. Le commentaire de l’infirmière, bien qu’étranger à l’ambiance entre Kaelen et lui, eut au moins le mérite d’achever de le faire penser à autre chose. Tout allait bien se passer. Et dès qu’il sortirait de là, alors, les choses n’iraient qu’en s’améliorant. Et bientôt, il serait marié. A la plus belle femme qui soit.

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