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“ La chambre rouge — Branko
Invité
Mer 14 Juin - 20:30
Anonymous
Au début, ce n'était pourtant qu'une journée comme les autres. Ce genre de journée qui s'avère pouvoir être sympathique, où l'on n'a aucune réelle nécessité. Ce genre de jour qui permet repos et bonne humeur. Naviguer gaiement sur internet, espérant peut-être trouver quelques éléments intéressant, qui pourraient tout simplement égayer un peu plus les prochaines vingt-quatre heures.

Pourtant, alors que le visage d'Aiden n'était que sourire, scrollant tout du long, cliquant lorsqu'il y en avait besoin. Et attendre lorsqu'elle n'avait qu'à écouter. Peu à peu, son visage avait changé de forme, se décomposant face à son écran 4K qu'elle avait récemment pu s'acheter avec l'ouverture de son Tipeee. Alors le souffle court, elle avait tant bien que mal essayé de comprendre. Comprendre ce qu'il venait de se passer. Un point fixe que ses yeux avaient fini par regarder, ce point qu'ils ne souhaitaient plus quitter.

Elle était perdue.

Désemparée.

Pourtant, bien que sa surface était comparable à une poupée sans vie, tout autour d'elle continuaient d'avancer. Continuaient. A côté d'elle, dans ses oreilles. Et puis. Plus rien. Le silence. Cet instant de silence qui s'allie parfaitement avec son état réactionnel. Pourquoi ? Comment ? Et sans un mot, sans un regard vers l'extérieur, sans rien. Aiden dépose son casque, dont la marque était l'un de ses précieux sponsor, sur son bureau avant de se lever. Quitter sa chaise et sortir de sa chambre.

Marchant avec rapidité dans les couloirs. L'avantage lorsqu'on était elle, lorsqu'on était Aiden Damon. C'est que l'on n'avait jamais vraiment besoin d'aide - ou du moins très peu. Pas besoin de questionner les gens que l'on rencontrait sur le chemin de la course pour savoir ou était le point d'arrivé. Parce que tout lui semblait si logique, si normal. Oui. Sauf ce qu'elle venait de voir un peu plus tôt.

Et dans un fracas, non sans classe, Aiden ouvre la porte de la buanderie, de cette manière qui ressemble tant à un jeu d'acteur. Sa main restant un instant sur la porte, son corps ne bougeait plus à l'embrasure de la porte. Jugeant autant la pièce en elle-même, que la seule personne qui faisait acte de présence entre ses machines.

_BRANKO HUBERT EDLY, OU DEVRAIS-JE DIRE BRANKARD AUX UNK ABONNÉS.

Elle était malgré tout d'humeur assez agréable pour lui arrondir son nombres d'abonnés, parce qu'en temps normal elle ne l'aurait certainement pas laissé filer, et aurait très clairement donné le nombre exacte de personne qui devaient suivre sa chaîne youtube. Même si cela lui ferait perdre vingt minutes de son temps. D'un pas fort et à l'allure si énervée, Aiden se rapproche avec rapidité de sa victime aux cheveux verts pour se placer bien face à lui. Entre sa machine à lavé et cette carrure imposante.

_Il faut qu'on parle.

Le dos bien droit pour se donner de l'importance face à cette montagne de muscle, les bras croisés sur son ventre. Aiden tape du pied.

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Invité
Mer 14 Juin - 20:32
Anonymous






_ J’vois pas pourquoi j’irai les laver, se murmurait-il après avoir pris un de ses hauts dans les mains.

Le haut en question n’était plus blanc mais bien jaunâtre, une couleur qui révélait les traces de transpirations mais aussi ton manque inquiétant de propreté. En un coup d’oeil tu compris rapidement le soucis, poussant un soupir de lassitude. Cette chambre était l’exemple même du paradoxe, de deux mondes différents : sous lit on voyait encore les chaussettes dépareillées et les chaussures pleines de boues, les polo en boule et les caleçons pas lavés depuis des mois tandis qu’à l’opposé on trouvait des produits de beautés qui sentaient presque trop bon pour être acceptables.

_ Soit.

Un à un tu les avais amassés dans ton sac de sport un peu kitsh, direction cette salle dont le nom t’étais encore inconnu il y a une heure de cela.
La buanderie.

Tu savais pas si c’était à cause de la buée ou d’un autre délire dans le genre qu’on nommait ce lieu abominable ainsi. Personne. Seule ton ombre et ton linge dont l’odeur filait dans les couloirs, prêt à être lavé de force. Le sac se posa négligemment sur l’une des machines, tu les prenais un à un, limite paniquant en te demandant si tu pouvais mélanger les couleurs, le coton et tout ce qui allait avec. Presque prêt à appelé ta génitrice pour une machine.

Polo au crocodile vert, bermuda beige, chemise blanche et on y trouvait même, et personne ne sait par quel miracle, une cravate rose. Alors que t’empoignais ton haut préféré, celui avec une photo de toi en vacances jeunot, petite casquette Winnie et lunettes de soleil taille bébé, des grincements se firent entendre. Des gros grincements. Un putain de raffut.

Qui que cela était, tu t’en fichais bien il avait qu’à fermer sa gueule et faire sa lessive, comme tout le monde. Mais personne ne faisait sa lessive à vrai dire. Même pas toi, du moins avant maintenant. T’espérais mais tu ne le sentais réellement pas, les bruits s’étaient stoppés, il y avait une aura insupportable qui rodait.

Tu le savais.
Ça braillait pour compenser sa différence de taille et de muscles.

T’allais entamer une petite réplique du genre « non moi j’ai mille-cent-trois abonnés » mais tu te résignas, un peu trop concentré par le sacrifice que tu étais en train de faire à la machine, la même qui allait bouffer tes vêtements, te les rétrécir. Ça te faisait marrer de voir des polos en taille M, c’était à cette époque où tu disais aux femmes qu’il te fallait du M sinon tu remplissais pas le bras mais que du S, tu l’explosais. Vantard.

Brankard.

En deux trois mouvements, la demoiselle, ou devrais-tu dire la fourberie, s’était incrustée entre l’antre démoniaque aussi nommée tambour et ta majestueuse personne.Même sur la pointe des pieds elle t’égalais pas, bien trop grand, bien trop beau. Bien trop parfait. T’esquissas un rictus sarcastique.

_ Personne ne dit que j’ai envie de parler, Démon. Surtout te parler.

Ta main s’était positionnée près de sa hanche comme pour la balayer sur le côté puis elle retomba aussitôt, changement de stratégie. Ton polo frappa ton épaule pour s’y poser. Ta main passa dans tes cheveux comme dans une pub pour shampooing. Tout portait à croire qu’elle avait, pour une fois, un truc important à te dire. Nerveuse ? Colérique ? Les secousses produites par son pied sur le sol t’agaçaient.

_ Mais dis, je t’écoute toujours ma belle. Après tout on ne doit rien refuser à une jolie fille, paraît-il.

Avec cet éternel sourire imbuvable sur le faciès.


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Mer 14 Juin - 23:15
Anonymous
Pendant un instant, Aiden reste silencieuse et incomprise face au déplacement qu'elle venait de faire par la force. Est-ce qu'elle avait rêvé ? Branko Hubert Eldy qui n'arrivait même pas à dépasser la barre des unk d'abonnés sur sa chaîne youtube venait de la bousculer ? Il venait, d'un simple geste de la main, de la virer comme une vulgaire mouche qui tournerait autour d'un bol rempli de fraises ? Est-ce seulement une chose possible et surtout acceptable pour une telle personne dont la notoriété ne dépassait même pas celle de sa grand-mère maternelle ?

Alors, c'est les bras toujours croisés sur son torse qu'elle gonfle les joues, la tête baissée mais le regard haut. Une attitude de gamine des plus hautaine, quelque chose d'inadmissible qui était utilisé pour faire face à un acte de barbarie. Mais elle reste pourtant silencieuse, mâchouille un chewing-gum invisible pour représenter son désintérêt face à cette voix masculine. Un soupir de peste traverse ses lèvres tandis que Branko se permet, sans aucune honte, de feindre une pub de gel pour cheveux moisies. Ainsi, Aiden sans aucune peur, avec une bravoure intrépide. Bien qu'elle pouvait se faire jeter comme une chaussette sale dans l'une machine à laver, par le gorille qui lui faisait face, elle attrape avec rapidité le polo qu'il venait de déposer sur son épaule.

_Toi, t'as un très sérieux problème de considération, tu le sais ça ?

Toi. Elle. C'était amusant de se dire que de tels propos sortaient des lèvres de cette demoiselle. Si dans cette pièce, il y avait bien un seul élément qui n'avait que très peu de considération pour la race humaine, ce n'était certainement pas les tambours des diverses machines à laver.

_Ça t’arrive de réfléchir par moment ? Ou à part des muscles pour impressionner les filles, t'as rien d'autre ?

Parce que c'était bien beau d'avoir un physique attrayant, si l'on avait pas le cerveau et les mots qui suivaient, l'enveloppe charnelle ne servait à rien. Enfin, ce n'était qu'une partie de ses pensées parce qu'Aiden ne voulait pas présentement, penser qu'elle avait pu crusher sur un tel énergumène durant les derniers six années de leur vie au palais, juste parce qu'il était un peu plus sportif et musclé que les autres. Non, vraiment jamais.

_Et enlève moi ce sourire béa de gros débile dénuée d'intelligence, ça sert à rien avec moi.

Puis, bien qu'elle lui avait dérobé d'elle même. Aiden lui plaque sauvagement son polo contre le torse afin d'avoir ses deux mains totalement libres. Mains qu'elle utilise pour fouiller dans la poche de son short afin d'y sortir son téléphone qu'elle déverrouille pour aller sur youtube.

Elle cherche, silencieuse. Tapote quelques lettres pour arriver à la vidéo qu'elle souhaite lui montrer. Cette chose qui nécessite un tel brouhaha. Une telle arrivée. Quelque chose d’inadmissible. L'écran du gadget qui se plaque à quelques centimètre du visage de Branko.

_Il me semble que tu dois me donner une explication, Brankard aux moins de unk d'abonnés.

Uploadé il y a 25 minutes, la dernière vidéo de ce cher Brankard.

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Jeu 15 Juin - 19:06
Anonymous






C’était clairement pas ton jour de chance, ou peut-être que si. T’avais rien demandé à personne et pour la première fois de ta vie tu pensais que le monde allait cesser de t’emmerder et de te tourner autour, heureusement qu’Aiden avait sauvé la mise. Elle te foutait la rage avec ses manies déplacées, avec son air supérieur et ses regards ayant l’air de dire que tu la faisais clairement chier. Elle t’emmerdait au plus haut point, mais tu ne pouvais pas te résigner à la laisser jouer le jeu toute seule, à abandonner ses airs de fille désintéressée. Tu gonflas les joues, pinça tes lèvres et laissa un semi souffle-crachat sortir d’entre elles.

_ Considération ? J’sais pas ce que c’est.

Tu roulais des yeux. Elle était de ces filles qui en un sens te ressemblaient. Certes elle ne possédait en rien ce côté optimiste qui te collait à la peau ni même des muscles semblables à de l’acier. Elle n’avait pas non plus de colocataires indécents mettant de la poudre teintée ou des baskets crades à ses pieds. Cependant, Aiden avait tout ce que les autres filles n’avaient pas. De la répartie, un sens subtil de l’humour comme tu l’aimais -même si tu ne savais pas réellement si cela était son but de faire dans la comédie- et plus encore un charme indescriptible qui t’attirait à elle dès que tu voyais un bout de sa frange brune dépassée.

Et qui te faisait rester en place lorsqu’elle te parlait.

En règle générale, tu n’attaquais pas les filles par les mots ou par la force car celles-ci étaient bien trop délicates et fragiles pour qu’on puisse les mépriser. En somme, des petites princesses élevées dans cette optique d’un jour trouver le grand amour et d’être considérées comme telles par tous leurs semblables. Tu te contentais de sourire et d’acquiescer leurs moindres paroles comme un vulgaire toutou, de faire le gentleman un peu trop engagé ou encore de te transformer en parfait gendre -le genre de gars qu’on présenterait à ses parents s’il avait pas les cheveux verts- le temps de quelques minutes. Sauf avec elle.

Du moins pas pour l’instant.

En un clin d’oeil, elle t’avait rendu ton polo en posant sa main sur tes pectoraux. Sourire un peu espiègle, regard lascif, vraiment un gros lourd que tu étais là. Puis, elle dégaina son smartphone pour le planter un peu trop près de tes yeux. T’étais pas aveugle, tu voyais de loin mais de près, de trop près, tu ne voyais que des pixels informes.

Elle braillait encore. A croire que ça lui faisait plaisir.

_ Tu veux que je t’explique quoi Ai ? T’as jamais vu mes vidéos auparavant ?

La question se voulait être rhétorique, évidemment qu’elle en avait vu, elle t’espionnait en permanence. Ton sourire lumineux s’était un peu dissipé au profit d’une mine frustrée, les sourcils légèrement froncés et la mâchoire serrée. Il est vrai que depuis un certains temps, le Brankard-au-moins-1k-d’abonnés ne faisait plus autant de vidéo. Il avait perdu un peu la flamme mais l’avait retrouvée la veille, en tentant un coup de poker.

« [Vlog InsideBlenheim] Je libère les chevaux. » Ce titre un peu nul avec une miniature bien putaclick, toi tout souriant -sans haut pour exhiber ton corps-, un cheval à l’air abruti et des emoji un peu partout avec un gros titre rose fushia. Clairement, cela avait été un fiasco. De base, tout était tranquille, personne n’avait fait acte de présence au complexe équestre et tu t’étais tout bonnement rendu auprès des bestioles pour les libérer et foutre la merde.

Sauf qu’aucune d’elle n’était décidée à partir.

L’enclos ouvert, elles te regardaient comme si tu étais le plus con des idiots, l’une des monture te broutant les cheveux allègrement. On te voyait même chialer sur le vidéo. En fait, t’avais fini en PLS au fond d’un des box.
Cinq minutes de pur bonheur.
T’avais pas besoin de la revoir pour comprendre le problème.

Tu chiffonnas d’une main agile ton polo pour le mettre dans le tambour avec ses compagnons. Au Diable les couleurs et les matières, t’allais pas non plus te prendre la tête pour de la lessive. Pendant que tu courbais l’échine auprès de la demoiselle Damon pour fermer la machine, tu ne pus t’empêcher de dévié ton regard vers ses jambes. Tu te figeas sur place pendant une dizaine de seconde avant de claquer la porte de verre et de te relever.

_ Oh mais je vois…

Tu posas tes coudes sur le haut de la machine, décalant ton sac. Mi-affalé, mi-debout tu admirais la Aiden en chair et en os qui se présentait à toi. Tes doigts pianotaient pendant que tes commissures s’élevaient au plus haut, t’en riais presque mais tu gardais un regard profond que tu plongeas dans celui de la brune.

_ En fait, t’es juste déçue, affirmas-tu dans le silence de la pièce. T’aurais préféré une vidéo plus croustillante ? Où je surprenais Foster à poil pour mater ses burnes… Ou même quelqu’un d’autre. Aethelwulf ? A moins que tu n’aurais préférée une où je tente d’embrasser une fille, genre toi.

Tu feintas un mouvement d’approche vers elle, sursautant sur tes pieds et menant ton buste vers l’avant pour juste te recaler à l’endroit où tu étais.

_ On peut y remédier si tu veux, dis-tu tout en tapotant ton sac où tu avais glissé ta caméra.


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