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Lun 17 Sep - 1:31

Au Japon, le statut social s’exprime par des choses qui pourraient paraître des plus étranges – voir ridicules – outre-mer. C’est notamment le cas avec les fruits que l’on peut trouver sur l’archipel. Souvent très chers et onéreux, les précieux diamants comestibles se vendent à prix d’or. En offrir à des invités ou des hôtes est signe à la fois de bonne santé financière, mais aussi d’une domination sociale affirmée. Tout le monde ne peut se permettre ce genre de folie. De plus, plus le fruit est beau et de bonne composition, plus son prix grimpe de manière vertigineuse. Voici pourquoi il est possible de trouver un étal miniature de fraises vendues plusieurs centaines de dollars au marché ou dans les magasins spécialisés.

Cette pratique avait toujours laissé Yugi perplexe quant à son application. Car, s’il était effectivement japonais, la une bonne partie de son éducation avait été fait sur les terres anglaises, bien moins restreintes quant à la cueillette des fruits de saisons que ne pouvait l’être le Japon et ses terres arides. Il y avait bien longtemps qu’il ne considérait plus ce genre de présent comme impressionnant, en témoignait son faciès à peine ému lorsque le voile fut levé sur le cadeau amené par son camarade d’affaires. Ce dernier, perplexe, ne put s’empêcher une remarque intriguée.

« Un problème... ? »
« Hum ? Ah ! Non, non. Désolé, j’étais perdu dans mes pensées. Merci pour ce cadeau. D’un point de vue personnelle, cependant, je préfère le vin. Mais ne vous inquiétez pas, ils seront consommés sous peu. »
« B-Bien. »
« Je vais me resservir un verre, d’ailleurs, vous en voulez un ? »
« N-Non merci, je ne bois pas. »
« Vous ne savez pas ce que vous ratez, alors. Ce Screaming Eagle est un régal. »

La bouteille, de taille Magnum 2, lui avait été offert également par un confrère qui n’avait pas eut l’occasion de se montrer en personne. Reçu dans un écrin de bois et de soie, la bouteille avait donc trônée une semaine sur le bureau de Yugi avant que ce dernier ne sache quoi en faire. Finalement, elle avait été ouverte pour fêter le nouveau contrat que sa société venait de faire avec une firme étrangère, ce jour-ci.

La demoiselle en charge du dossier au sein de la compagnie alliée paraissait un peu mal à l’aise face au grand blond foncé. Il ne pouvait pas lui en vouloir, lui-même jouait un peu de son aura et s’en amusait. Mais il n’allait pas enfoncer le clou davantage, elle paraissait déjà suffisamment affligée que Yugi n’ai pas sauté au plafond vis-à-vis de sa corbeille de fruits, ce n’était pas la peine d’en rajouter. Pourtant, le Wakaïdo appréciait tout de même l’effort fait quant au renseignement vis-à-vis de la culture nippone. Ce n’était pas tout le monde qui s’y intéressait de la sorte et il saluait l’effort fait. Yuko serait sans doute ravie de pouvoir profiter de ces fruits, elle qui les aimait tant – à un point que Yugi soupçonnait sa fille d’être une future végétarienne en puissance.

Il permet à sa collaboratrice de prendre congé et lui intima d’aller de détendre dans quelques quartiers de Tokyo assez méconnu du grand public. Ayant quelque peu mal à la tête, l’homme voulait juste terminer sa journée, à présent. La jeune femme, le rouge aux joues, le remercia de ses conseils et quitta son bureau sans autre forme de procès. Yugi parti donc observer le monde d’en bas depuis la baie vitrée de son bureau, au tout dernier étage de la tour Wakaïdo. Prenant une nouvelle gorgée de son verre, il avait déjà hâte d’être à ce soir. Il en avait assez de travailler. Cette semaine avait été infernale. Heureusement, ce soir il parait s’exiler en week-end avec sa femme et sa fille. Cela ne pourrait lui faire que du bien, songea-t-il alors qu’il sentait la fatigue gagner de plus en plus de terrain.

***

« Maman, maman ! Vite, vite ! »
« Une minute, Yuko. Ton père ne vas pas disparaître, il peut attendre que nous montions les escaliers. »
« Mais je veux le voir tout de suite ! »

Keiko soupira. Sa fille était la prunelle de ses yeux mais bon sang ce qu’elle pouvait être pénible quand elle faisait ce genre de caprice ! Capitulant en voyant qu’elle était à deux étages du bureau de son mari – terme qui la faisait toujours rougir quelque peu lorsqu’elle y songeait -, l’athlète céda à sa fille.

« D’accord, tu peux y aller comme une grande m- »
« Youpiiii ! »
« Mais surtout, tu fais attention ! »
« Oui mamaaaaan ! »

Et la petite fille de six ans était partie, bille en tête, vers le bureau de son paternel dont elle était si proche. Yugi était un père exemplaire en dépit de son emploi du temps chargé. Il trouvait toujours un moment pour s’occuper de sa fille et être présent pour sa conjointe. Keiko estimait qu’elle n’aurait pu trouver mieux pour partager son lit et sa vie. Elle ne regrettait aucun des moments passés en compagnie de Yugi.

Yuko parvint jusqu’à la grande porte en bois sombre qui fermait la pièce qu’elle souhaitait tant atteindre. Sur la pointe des pieds, elle réussit à se saisir de la poignée et la tourna de manière à actionner l’ouverture de la pièce de bois pour pénétrer à l’intérieur de l’immensément grand bureau. Immédiatement, ses petits yeux remarquèrent l’étal de fruits sur une table basse, non loin. Elle s’émerveilla.

« Ouaaaaaah, des fruiiiiiits ! »

Avec une main tout sauf timide, la petite s’empara d’une pomme juteuse qu’elle porta à ses lèvres sans attendre.

« Huuuum, bon ! »

Puis, continuant son goûter improvisé, elle reparti à la recherche de son père.

« Papaaaaa ? »

Ne trouvant pas sa silhouette à portée d’yeux, Yuko se dirigea immédiatement jusque derrière le bureau, sous lequel il avait l’habitude de se cacher pour la surprendre. Sûre d’elle, ses chaussures la firent parvenir jusqu’à l’autre côté du meuble précieux.

« Pap-… ? »

Quelques secondes plus tard, la pomme roula sur le sol et un hurlement strident se fit entendre. Keiko ne put que redoubler d’efforts pour rejoindre son enfant. A son tour, elle entra dans le cauchemar.

***


Quelque part en Russie.
Un craquement, puis un cri résonnèrent à la suite l’un de l’autre dans cette cave mal éclairée. On pouvait clairement distinguer la scène malgré le manque de luminosité. Un homme en torturait un autre. Et visiblement, le bourreau commençait à perdre patience.

« Tu m’facilites vraaaaaiment pas la tâche, tu sais ça ? »

Il soupira d’agacement. Puis, la porte grinçante de la pièce s’ouvrit brusquement, laissant un halo épais de lumière artificielle s’engouffrer entre les quatre murs de cette pièce isolée. Nouveau soupir, très audible, cette fois. Le nouvel arrivant, visiblement en plein dilemme, se justifia immédiatement.

« Désolé de vous interrompre, chef, mais… »
« J’ai dit quoi, déjà, à propos de mes séances de torture ? »
« Qu’il… ne fallait pas vous interrompre ? »
« Bien. Et donc ? »
« Sauf pour les urgences ! »
« Rah. Oui, bon. Aller, on va voir si ça tient vraiment de l’urgence. Je te préviens, Piotr, si tu m’a dérangé pour rien, je te coupe un doigt. »

Le susnommé déglutit mais se reprit bien vite.

« Nous avons reçu un appel pour vous, Boss… »
« Merci les secrétaires, et donc ? »
« C’est votre ami. »
« Lequel ? Non parce que j’suis pas un émo avec une pléthore d’amis imaginaires, tu v- »
« Wakaïdo. »
« …Yugi ? Qu’est-ce qu’il veut ? »
« Sa femme vient d’appeler. »
« Hein ? »
« Il est à l’hôpital. »
« Pardon ? »
« Sa vie est engagée. Il aurait été empoisonné, visiblement. C’est sa fille qui l’a trouvé inconscient. »

Les traits de Nikita se figèrent brusquement, ce qui n’était pas bon signe. Jamais. A raison. Car lorsqu’il était question de sa filleule, il ne plaisantait plus. Du tout.
Alors, prenant une grande inspiration et tâchant de rester calme, sa main partie se perdre sur un pan de sa veste en cuir. Il en sortit un revolver qu’il appuya sur le front de sa victime du jour.

« C’est ton jour de chance, connard, j’ai plus le temps de jouer avec toi. »

Il pressa la détente et tua sa victime, bien qu’il eût souhaité des souffrances un peu plus longues pour cette enflure de traître à la famille. Enfin, faisant volte-face, il fit sonner quelques ordres.

« Nettoyez-moi ça. » lança-t-il à ses hommes de main jusque-là resté dans l’ombre. « Piotr. Premier avions pour Tokyo. Je pars maintenant. »
Déjà au fond de ses yeux flottait l’instinct de la chasse. On ne s’en prenait pas à Yugi. Jamais. Et on ne s’en prenait pas à Yuko. Encore moins. Les audacieux ayant tenté ce coup d’éclat allait voir ce que ça faisait, d’avoir un retour de flamme russe. Et ils allaient le regretter, foi de Nikita.

***


Norvège, quelques heures plus tard.
[ A l’internationale, maintenant, le chef d’une multinationale japonaise a été admis ce matin à l’hôpital de Tokyo. Il aurait été empoisonné et son pronostic vital est actuellement encore engagé, selon les médecins.]

« Maman ? »

L’interpellée, à la chevelure de feu, tourna la tête vers son enfant, un sourire tendre pour maquiller ses lèvres.

« Retourne te coucher, il est tard. »
« Qu’est-ce que tu fais ? »
« Je prends des nouvelles d’un vieil ami, ne t’inquiètes pas. Je vais baisser le son de la télé. »
« D’accord… »

Le bambin ne chercha pas à discuter davantage et retourna vers sa chambre en baillant et en se frottant les yeux. Sa mère, quant à elle, se tourna une nouvelle fois vers le poste de télévision, baissant le son, comme promis. Puis, ses longs doigts manucurés allèrent attraper le téléphone portable dernier cri reposant jusque-là dans la poche arrière de son pantalon. Elle composa quelques chiffres sur le clavier tactile et porta l’appareil à son oreille.

« Shiitake, Eris, je crois bien qu’un boulot nous attend. »

Ça faisait longtemps. Mais on ne s’en prenait jamais aux Mean Girls sans en payer le prix. Ni a aucun de leurs alliés.


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